LE TOUR DES AUTRES

Tour de France: des Français brillants et l’école de l’Est

Tour de France: des Français brillants et l’école de l’Est

Thibaut Pinot, maillot blanc de ce Tour, monte sur la troisième marche du podium. BELGA

De ce Tour, il faut aussi retenir l’éclosion des coureurs français, ainsi que la croissance d’un cyclisme de l’Est.

Le chauvinisme, parfois dégoulinant, de Thierry Adam, le commentateur de France Télévisions, nous arrachait parfois durant ce Tour quelques irritations. Mais il y avait dans cette offensive franchouillarde une part de vérité. Car, avec Péraud, Pinot ou Bardet, la France a enfin tenu son rang sur son épreuve fétiche. Certes, Péraud a 37 ans et c’était sans doute lui le plus ému sur la ligne d’arrivée à Périgueux, à l’issue du contre-la-montre archi-dominé par Tony Martin. L’ancien coureur de la Lotto, aujourd’hui chez AG2R, a fondu en larmes, incapable de s’exprimer sur ce qu’il appelait sa victoire, alors qu’il n’est que deuxième. Sans doute Péraud évoquait-il le succès de son équipe à l’interéquipes.

Trente ans plus tard

Plus évocatrice, c’est la troisième place de Pinot, un jeune gaillard issu de l’école Madiot et de la FDJ. Pinot a maîtrisé son contre-la-montre, en terminant devant Valverde, et en allant chercher de la sorte sa place sur le podium. Et cela faisait trente ans qu’il n’y avait plus eu deux Français sur le podium (Fignon et Hinault).

« Il n’y avait pas de raison que je ne parvienne pas à faire un bon chrono, j’en ai fait tout au long de la saison, rigolait Pinot. Comme tout le monde me donnait perdant, je ne pouvais que créer la surprise. J’étais assez détendu. Péraud était très fort. Avant le départ, il m’a dit que ce serait bien qu’il y ait deux Français sur le podium. Maintenant, c’est fait et j’ai du mal à réaliser. Si on me l’avait dit au départ… Pendant le chrono, Yvon Madiot (directeur sportif) m’a un peu bluffé. Il me faisait croire que Valverde était à 15 secondes. Il y avait tellement de bruit que je n’entendais pas les écarts, ça m’énervait un peu. J’ai tout donné, à la fin je n’en pouvais plus. C’était très long. J’ai encore du mal à savourer pleinement. Pour moi, une course est finie quand la ligne est franchie».

Majka, Sagan et Barta

Si on connaissait Sagan, le maillot vert indiscutable de ce Tour, on a aussi découvert ce Rafal Majka, qui, au départ, ne devait pas courir le Tour puisqu’il remplaçait au pied levé Kreuziger au sein de la formation Tinkoff. Celle-ci, orpheline de Contador, a su rebondir, par Rogers, et, surtout, par ce jeune Polonais, doué pour la montagne.

Le cyclisme actuel, dont le berceau reste européen, est tourné aujourd’hui vers l’Est. Né le 12 septembre 1989 à Zegartowice, Majka a tout l’avenir devant lui. Avec deux étapes à son actif, à Risoul et Saint-Lary-Soulan, il pourrait poser un problème chez Tinkoff. Aurait-il eu quartier libre de la sorte si Contador avait toujours été là?

Enfin, ce Barta, troisième samedi du contre-la-montre, qui le connaît? Membre de l’équipe Nettapp, le Tchèque a surpris, alors que son compatriote et chef de file, Leopold König, finit le Tour dans le top 10.

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