Liège

Dans les entrailles de la Hesbaye à la recherche de l’or bleu

Sous les champs hesbignons se cache une des richesses de Wallonie: nous sommes partis dans les galeries de captage d’eau.

C’est un endroit peu connu du public. Ici, pas de grands écriteaux ni de portes ouvertes. Nous sommes au milieu des champs, du côté de Fexhe-le-haut-Clocer, dans un bâtiment dont l’architecture fait penser à une ancienne gare. À l’intérieur, deux imposantes trappes métalliques. Elles donnent accès à une série d’échelles descendant dans les entrailles de la Hesbaye. Trente mètres plus bas s’écoule l’or bleu wallon qui va alimenter les réserves d’eau pour la ville de Liège et sa périphérie.

Pour accéder à cette galerie captante, un équipement est nécessaire : cuissardes, imperméable et casque avec lampe frontale sont de rigueur. Et avant de s’engouffrer dans le puits d’accès, les cuissardes doivent être désinfectées. C’est parti ensuite pour une longue descente, rythmée par plusieurs paliers.

 

 

A 24 mètres sous-terre, il faut bifurquer dans un petit passage en béton avant de descendre une dernière échelle. Le dernier échelon passé, on se retrouve immédiatement les pieds dans l’eau. Elle s’élève jusqu’à hauteur des genoux.

Claire, elle est aussi fraîche. À travers les cuissardes, on sent rapidement le froid. Et surtout, c’est la pression de l’eau qui marque. Le courant est bien présent.

En empruntant cette galerie, cette eau transparente file vers un important réservoir situé dans le bas de la côte d’Ans.

 

La galerie est creusée dans la craie. Ici, pas de paroi lissée : le boyau présente pratiquement l’état dans lequel l’ont laissé les mineurs chargés de le creuser au milieu du XIXe siècle. La galerie sillonne la nappe aquifère, d’ouest en est. Elle capte l’eau qui ruisselle à travers la craie. Cette eau provient du bassin du Geer, soit Waremme et sa région.

Mais cette galerie est aussi alimentée par une autre, moins longue mais plus profonde, qui passe 60 mètres en dessous de Kemexhe. Là-bas, ce ne sont pas les cuissardes qui sont obligatoires mais le scaphandre. L’eau captée à 60 mètres est remontée dans la galerie de Fexhe pour ensuite alimenter les réservoirs d’Ans ou de Grâce-Hollogne.

 

Ces deux galeries produisent quelque 40 000 m3 par jour, soit 14 millions de m3 par an, ce qui représente la consommation annuelle d’un peu moins de 100 000 ménages soit 225 000 consommateurs.


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