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Ministre du bien-être animal, un métier d'avenir !

Ministre du bien-être animal, un métier d'avenir !

Le ministre wallon Carlo Di Antonio (cdH) prête serment : "je jure fidélité au Roi, obéissance à la Constitution et respect aux lois du bien-être animal." Belga

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais dans les gouvernements flamand, bruxellois et wallon, il y a à chaque fois un ministre ou un secrétaire d'Etat chargé « du bien-être animal »...

  C'est une compétence fort discrète. Elle ne semble jamais faire l'objet de marchandages politiques exacerbés entre partis. Genre "on vous donne la culture et l'emploi mais vous nous laissez les animaux". On pourrait se vexer aussi de l'appellation "bien-être animal", vu qu'il n'y a pas de ministre spécifiquement en charge du "bien-être humain".  Mais bon, ce n'est pas illégitime. Les animaux, ça  représente une sacrée population en Belgique. Une écrasante majorité silencieuse (ou presque).

 J’imagine que ce type de compétence est appelée à se développer et que bientôt, on  aura aussi un ministre de l’Egalité des chiens et des chats (il sont quand même trois millions dans notre pays), un ministre du Logement des chevaux et des bovidés, un secrétaire d’Etat à l’Aménagement du territoire des castors ou au Développement industrieux des abeilles.

  Finalement, les animaux sont en train de devenir des citoyens comme les autres. Quand on voit le protocole d'accueil digne d'un chef  d'état qui fut réservé au couple de pandas venu de Chine, on se dit que même le richissime expatrié Gérard Depardieu n’a pas été accueilli avec autant d'égards à Néchin.  

  Après tout, les animaux wallons, bruxellois et flamands ont droit aussi à un logement digne et à des routes en bon état, à une alimentation saine et à ne pas être maltraités. Ils ont le droit à de l’énergie publique qui ne soit pas surfacturée, à de la 4G pas trop chère et à ne pas être réveillé trente fois par nuit  par des survols d’avion.

  Evidemment, les animaux ne paient ni redevance ni impôts. Le précompte animalier n’a pas encore été inventé. Mais certains produisent des denrées alimentaires, d'autres stimulent la consommation et dynamisent l'économie plus encore que les enfants et les ados. On mange aussi une partie d’entre eux, ce qu’on peut considérer comme une sorte de contribution directe !

  Il paraît aussi que les animaux ont des capacités que les humains n'ont pas. Ils sont capables de pressentir à l’avance les tsunamis ou les tremblements de terre. Vu les dérèglements climatiques qui se multiplient (ne songeons qu’aux chutes de grêlons en plein match des Diables rouges), il est plus que  temps de négocier des accords de coopération avec eux.

  J’espère aussi que d’une région du pays  à l’autre, il n’y a pas de discrimination ou de traitement de faveur. Vous imaginez les moutons ou les sangliers migrant de la Wallonie vers la Flandre parce que le régime des allocations animales y est plus favorable? Ou certaines races de canidés quittant la périphérie bruxelloise parce qu’ils ne peuvent y aboyer qu’en flamand ?

  Va-t-on accorder un jour le droit de vote aux animaux? Une commission parlementaire devrait y réfléchir. Mais il faudrait peut-être attendre avant d'y consentir que le vote réservé aux humains soit réellement au point.