POLITIQUE

Bianca Debaets, la surprise du CD&V qui remplace le «cheval de Troie» Grouwels

Bianca Debaets, la surprise du CD&V qui remplace le «cheval de Troie» Grouwels

Debaets devra faire oublier la contestée Brigitte Grouwels, parfois considérée comme un «cheval de Troie» flamand. (Belga)

C’est la surprise du CD&V: Bianca Debaets remplacera Brigitte Grouwels au Gouvernement bruxellois. L’ancienne ministre des Transports, parfois contestée, va grimper d’un échelon puisqu’elle sera probablement Secrétaire d’État fédérale.

Ce ne sera pas Brigitte Grouwels, mais Bianca Debaets qui sera la secrétaire d’État CD&V au sein du gouvernement bruxellois, selon la proposition faite jeudi en fin de journée à l’assemblée générale du parti consacrée à la participation gouvernementale en Région bruxelloise. L’information a été confirmée par plusieurs sources au sein du parti. Brigitte Grouwels, qui a mené les négociations pour le compte du CD&V à Bruxelles, remplacera Bianca Debaets comme sénatrice.

Bianca Debaets succède à Brigitte Grouwels laquelle a siégé au gouvernement régional durant 10 ans, d’abord comme secrétaire d’État, et ensuite comme ministre et qui semble payer le sensible recul des démocrates chrétiens flamands sur l’échiquier politique de la capitale.

Le CD&V recule et recule

Depuis la naissance de la Région, Bianca Debaets est la troisième membre du CD&V à siéger au gouvernement bruxellois, après Grouwels, et, avant celle-ci, Jos Chabert, qui y était resté durant 15 ans, propulsant le CVP en tête dans le groupe linguistique néerlandophone.

Mais depuis 1999, et ses 23,6%, le parti démocrate chrétien flamand alors emmené par Jos Chabert, n’a cessé de reculer dans l’électorat pour sortir du dernier scrutin en cinquième place à quelque 11,4%.

Eeklo, Pays-Bas puis Bruxelles

Née en 1973 à Eeklo, Bianca Debaets est aussi d’une autre génération que Brigitte Grouwels, âgée de 61 ans.

Elle a grandi à Middelburg, aux Pays-Bas. Après des études de traductrice d’entreprise à Gand, elle poursuivit une formation complémentaire de managment en ressources humaines à l’EHSAL, à Bruxelles, choisissant alors de continuer sa vie dans la capitale.

En 2006, elle est élue conseillère communale à Ixelles. Lors des élections régionales de 2009, elle fait son entrée au parlement bruxellois. Après le scrutin communal d’octobre 2012, elle est devenue conseillère communale à la Ville de Bruxelles, où elle siège également au conseil de police.

Le 25 mai dernier, Bianca Debaets a été élue parmi les six représentants bruxellois appelés à siéger au parlement flamand. Elle a également été désignée sénatrice de Communauté.
 

Grouwels, «cheval de Troie» flamand

La nouvelle secrétaire d’État à…., Brigitte Grouwels est originaire de Hasselt en Limbourg, mais vit depuis près de 40 ans Bruxelles, alors que de nombreuses années durant, certains adversaires politiques l’ont considérée comme le ‘cheval de Troie de la Flandre’. Elle entame son troisième mandat au sein du gouvernement bruxellois, depuis 2004.

L’arrivée annoncée de Bianca Debaets au gouvernement bruxellois met aussi un terme au parcours de Brigitte Grouwels au sein du gouvernement bruxellois où elle siégeait depuis 10 ans, d’abord comme secrétaire d’État et ensuite comme ministre. Celle-ci a retiré sa candidature à un nouveau mandat.

Agée de 61 ans, Brigitte Grouwels a obtenu une licence en Sciences commerciales et consulaires, et un agrégat. Elle a également étudié durant un an l’économie du Tiers-monde à la Sorbonne (Paris) et effectué les candidatures en langues orientales et en histoire à la KUL.

Virus de la politique

Dès ses études, elle est atteinte du virus de la politique, devenant membre des jeunes CVP et de l’Union Internationale Européenne des Démocrates-Chrétiens. Durant 10 ans, elle travaille ensuite pour le service d’études du CVP-PSC et, enfin, pour la section Amérique latine de l’ONG de coopération au développement ACT (devenue Trias).

Elle entre au parlement bruxellois en 1992, avant d’être élue au parlement flamand trois ans plus tard.

En 1997, à mi-législature, elle devient ministre au sein du gouvernement flamand Van den Brande III où elle gère les compétences pour les Affaires bruxelloises et l’égalité des chances.

Après les élections de 1999, le CVP est renvoyé dans l’opposition en Flandre. Brigitte Grouwels devient chef de groupe du CVP au parlement bruxellois, et députée au parlement flamand. Son accès à un maroquin ministériel est barré par le jusqu’alors indétrônable Jos Chabert.

Une femme

En 2004, la loi fournit la déboulonneuse au CVP pour écarter Jos Chabert d’un nouveau mandat au sein du gouvernement bruxellois. Il faut au moins une femme parmi les excellences néerlandophones de l’exécutif bruxellois et les formations flamandes concernées se sont accordées sur le fait que cette obligation revient à la plus petite d’entre elles, à l’époque le CD&V.

Brigitte Grouwels fait son entrée au gouvernement régional en tant que secrétaire d’État en charge de la Fonction publique régionale, de l’Egalité des Chances, et du Port de Bruxelles.

En 2009, elle rempile au gouvernement, cette fois, en tant que ministre des Travaux publics et du Transport, du Port de Bruxelles et de la politique de l’Informatique.

Ne reléguant pas ses liens communautaires au second plan, Brigitte Grouwels s’est souvent attiré tantôt une certaine suspicion, tantôt les foudres des partis francophones pour avoir défendu des positions jugées moins en phase avec le modèle d’une Région-capitale autonome qu’avec celui d’une gestion de Bruxelles au départ des deux grandes Communautés du pays.

«Je préfère un flamand bilingue incompétent»

En 2001, elle publie un article, dans la revue séparatiste flamande Secessie, dans lequel elle plaide pour une Région bruxelloise ouverte mais davantage axée sur ce modèle.

Lors de la campagne électorale en vue des élections de 2004, elle se présente aux électeurs potentiels sous le slogan «Minder Frans, meer Brigitte» (NDLR: moins de français, plus de Brigitte»). Sous son mandat de secrétaire d’État, elle met toutefois en œuvre des propositions pour augmenter les primes de bilinguisme.

En 2006, Brigitte Grouwels affirme sur le plateau de télévision de RTL-tvi qu’elle préférait être aidée par un flamand bilingue incompétent plutôt que par un unilingue francophone hyper-compétent. Nouvelle volée de bois vert du côté francophone.

Ces prises de position provoquent régulièrement chez adversaires, mais aussi ses partenaires une certaine méfiance.

Noir et jaune

Ce fut notamment le cas, lorsque dans son projet de remettre de l’ordre et de la visibilité positive dans le secteur bruxellois des taxis, elle propose d’adopter le noir et le jaune. Ces couleurs sont considérées comme un symbole de la Flandre, mais sur le terrain, elles sont plus proches de celles des taxis d’autres métropoles, le jaune étant beaucoup plus proche de l’orange.

Mais son esprit volontaire en a aussi fait une militante active du transport en commun et du développement de la STIB à Bruxelles à Bruxelles, et dans la défense des usagers faibles, notamment à l’occasion du blocage du dossier du réaménagement de l’avenue du Port.

Elle s’est également montrée très active dans la défense des intérêts du secteur du taxi bruxellois contre le risque de concurrence jugée déloyale que représentait pour celui-ci l’importation du dispositif de co-voiturage Uber.

 

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