Les banques belges affichent une «bonne robustesse» dans un paysage marqué par la poursuite du rétablissement des banques européennes, ressort-il de l’étude annuelle sur l’état de l’industrie bancaire européenne réalisée par le cabinet Roland Berger Strategy.

«Les banques belges présentent un taux de solvabilité très bon, elles disposent de suffisamment de capitaux propres et affichent une bonne liquidité. Cette situation est liée au fait que la Belgique bénéficie d’un fort taux d’épargne parmi ses citoyens», explique Bruno Colmant, partenaire chez Roland Berger Strategy Consultants à Bruxelles. «Les banques belges ne devraient pas rencontrer de problèmes majeurs dans les prochaines années, contrairement à ce qu’il pourrait se passer dans les pays du Sud ou même en Allemagne, au niveau de certaines petites banques.»

Défi des banques digitales

Cette bonne robustesse n’empêche pas les banques belges de devoir faire face à des coûts opérationnels importants. «Les banques belges ne sont confrontées qu’à deux difficultés potentielles: les taux d’intérêt trop bas, qui réduisent leur marge bénéficiaire, et le passage à une banque digitale», précise M. Colmant. Cette mutation digitale pourrait encore prendre entre cinq et 10 ans. Plusieurs grandes banques belges ont annoncé ces derniers temps des coupes dans leur réseau d’agences.«On peut s’attendre à terme à une baisse du nombre d’agences mais celles-ci seront transformées en agences de conseil.»

Selon cette étude, qui passe en revue les dynamiques des marchés bancaires locaux et analyse la performance des 100 premières institutions bancaires européennes, l’année 2013 a vu l’industrie bancaire européenne poursuivre son rétablissement, soutenu par les décisions des instances européennes comme la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne. «Le seul grand danger qui menace l’Europe, c’est qu’il ne faut jamais exclure une nouvelle crise de la dette publique», insiste M. Colmant. «On est face à une situation fragile car les dettes sont au plus haut et les taux d’intérêt sont au plus bas. Si ces taux devaient brusquement monter, cela provoquerait un choc souverain et le risque est réel de voir des effets collatéraux sur les banques du Nord, même si les banques belges devraient être globalement épargnées.»

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