SOCIETE

« Devenir libraire ? Plus maintenant »

« Devenir libraire ? Plus maintenant »

Les libraires indépendants comme J-M. Renson: une espèce en voie d’extinction? EdA

Le secteur des libraires souffre. Le SPF économie a fait une étude. Pas rassurante. Ils sont, et gagnent, de moins en moins. Témoignage.

«C’est 72hde travail par semaine pour 1 300€ par mois. Et ça devient de plus en plus dur. Si on fait toujours le même chiffre et même si on l’augmente un peu, les charges à côté ne cessent de croître.» Jean-Marc Renson est un libraire indépendant, à Jambes (Namur).

Pourtant, il a une bonne librairie dans un bon quartier où il y a encore du pouvoir d’achat. S’il devait reprendre une librairie maintenant? «C’est non.»

En quelques minutes, il a vite fait le compte, les libraires indépendants ont déserté le paysage. Plus de la moitié a disparu sur Jambes et Namur. Il reste quelques Mohicans et les grandes chaînes.

Mais la concurrence se développe ailleurs: station-essence, grandes et petites surfaces, «magasins de nuit». «On devrait protéger plus le métier de libraire et ne pas autoriser la vente de journaux partout.»

35 cents le colis

«En attendant, on se distingue par notre service et par les services que l’on développe, comme les points relais, de livraison, par exemple. Mais il faut bien se dire qu’on gagne 35 cents par colis! Pas beaucoup pour la logistique et la place que cela prend. Il faut juste espérer que les gens qui viennent achètent une revue ou autre chose.»

En plus de la crise, du tassement des ventes du tabac, des magazines et journaux, les libraires sont face à un problème récurrent: les liquidités.

L’homme pointe du doigt les AMP (Agence et messageries de la presse qui livrent la… presse) et le Lotto, deux situations monopolistiques: «Pour les AMP, par exemple, on doit payer les acomptes toutes les semaines pour se faire livrer. Par contre, pour se faire rembourser les invendus, ce ne sont pas les mêmes délais…» Autre épine dans le portefeuille: les marges bénéficiaires très réduites, 6,5%.

«Quand je vois les petits kiosques à Paris qui ne vendent que la presse, ça me laisse rêveur.»