UKRAINE

Un avion de la Malaysia Airlines s’écrase dans l’est de l’Ukraine : pas de signe de survivants

Un avion de ligne malaisien parti d'Amsterdam pour Kuala Lumpur s'est écrasé ce jeudi près de la ville de Chakhtarsk, dans la région de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine. Aucun survivant n'a été retrouvé. Cinq Belges faisaient partie des passagers.

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Un avion de ligne malaisien parti d'Amsterdam pour Kuala Lumpur s'est écrasé ce jeudi 17 juillet près de la ville de Chakhtarsk, dans la région de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine.

298 personnes dont 5 Belges à bord, pas de signe de survivants


L'avion de la Malaysia Airlines avait décollé d'Amsterdam et avait pour destination Kuala Lumpur. Il transportait 298 personnes. Cinq Belges se trouvaient à son bord, a indiqué en soirée Huib Gorter, le vice-président de Malaysia Airlines pour l'Europe. Une des victimes néerlandaises était par ailleurs l'épouse d'une victime belge. Une personne malaisienne résidant en Belgique figurait également parmi les passagers.

De nombreuses autres nationalités étaient représentées au sein de l'avion malaisien : 154 Néerlandais, 27 Australiens, 23 Malaisiens, 11 Indonésiens, 6 Britanniques, 4 Allemands, 3 Philippins et un Canadien figureraient parmi les victimes.

Le nombre de victimes belges pourrait être revu à la hausse puisque l'origine de 47 passagers n'a pas encore pu être déterminée pour l'instant.

Les Affaires étrangères belges ont mis en place un centre de crise qui peut être joint au numéro 02/501.40.00.

Selon les journalistes de l'AFP, un grand nombre de corps étaient visibles sur le lieu du crash et  il n'y avait aucun signe de survivants. L'absence de survivants a été confirmée par plusieurs témoins.

Des morceaux du fuselage déchiqueté, dont la queue de l'appareil avec le logo de la compagnie malaisienne, ainsi que des bagages, parsèment une vaste zone au village de Grabove, près de la ville de Chakhtarsk, dans la région de Donetsk. Des soldats des forces rebelles et des pompiers étaient arrivés sur place. 

L'avion abattu: Ukrainiens et prorusses s'accusent mutuellement


Selon des responsables américains, l'avion a bien été abattu par un missile sol-air mais son origine reste incertaine.

Ils sont en train d'examiner les données afin de déterminer si le missile a été tiré par les séparatistes pro-russes de l'est de l'Ukraine, les soldats russes de l'autre côté de la frontière ou les forces gouvernementales ukrainiennes, a expliqué l'un de ces responsables sous couvert d'anonymat.

Le ministre de l'Intérieur ukrainien, Anton Geraschenko, a affirmé jeudi sur les réseaux sociaux que l'avion malaisien avait été "abattu par des membres appartenant au groupe terroriste de la République indépendante de Donetsk" par des tirs de roquettes via un système mobile multicanal, 'S-300', de missiles sol-air. 

Le président ukrainien a déclaré ne pas exclure cette hypothèse. Une partie de la région de Donetsk est contrôlée par des séparatistes prorusses.

"Nous n'excluons pas que cet avion (malaisien) ait pu être abattu et nous soulignons que les forces armées ukrainiennes n'ont pas effectué de tirs susceptibles d'atteindre des cibles dans les airs", a-t-il ajouté, avant de présenter ses condoléances aux familles des victimes.

"C'est le troisième cas tragique ces derniers jours, après les avions An-26 et Su-25 des forces armées ukrainiennes abattus depuis le territoire de la Russie", déclare Porochenko, cité dans un communiqué de la présidence. Pour rappel, la Russie a démenti avoir abattu ces deux avions de combats ukrainiens.

Les séparatistes accusent l'Ukraine

De leur côté, les séparatistes ont affirmé que l'avion avait été abattu par un appareil ukrainien."Des témoins ont vu le Boeing 777 attaqué par un avion de chasse ukrainien. Après quoi, l'avion de ligne s'est brisé en deux et est tombé sur le territoire de la "République de Lougansk" (autoproclamée par les rebelles dans l'est de l'Ukraine). 

Un autre hypothèse avance que les séparatistes prorusses auraient pu abattre l'avion par erreur, le prenant pour un appareil militaire ukrainien.

En 1983, un Boeing assurant la liaison New York/ Séoul avait été abattu par la Russie après avoir violé accidentellement l'espace aérien de la grande URSS pendant la Guerre Froide. 

Les corps seront évacués, pas encore de boîtes noires

Les autorités rebelles ont annoncé que les corps des victimes seraient transportés à Donetsk et qu'elles comptaient envoyer les boîtes noires de l'avion pour expertise à Moscou. Mais ces enregistreurs de vol n'étaient pas encore retrouvés jeudi soir, a indiqué un chef rebelle à l'AFP.

"L'Ukraine porte la responsabilité de cette terrible tragédie"


Le président Vladimir Poutine a accusé jeudi l'Ukraine de "porter la responsabilité de la terrible tragédie" que constitue le crash de l'avion. "Il ne fait pas de doute que l'Etat sur le territoire duquel cela s'est passé porte la responsabilité de cette terrible tragédie", a déclaré le président russe, cité par l'agence RIA Novosti.

"Cette tragédie n'aurait pas eu lieu si la paix régnait dans ce pays, si les opérations militaires n'avaient pas repris dans le sud-est de l'Ukraine", a poursuivi Poutine.

L'avion a disparu à 10.000 mètres d'altitude


La compagnie Malaysia Airlines a confirmé avoir perdu contact avec un de ses avions en précisant que la dernière position connue était au-dessus de l'Ukraine. 

Europol, le gestionnaire du trafic aérien, a expliqué que la route empruntée par l'avion qui s'est écrasé avait été fermée à un certain niveau mais était toujours ouverte au niveau auquel l'avion volait.

Le crash de l'avion de la Malaysia Airlines en Ukraine intervient quatre mois après la disparition de l'avion de la même compagnie assurant le vol MH370 entre Kuala Lumpur et Pékin.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux


Sur internet, plusieurs internautes ont posté des vidéos montrant un gros dégagement de fumée pouvant provenir du crash de l'avion malaisien.

Des photos des débris présumés ont également été partagées sur les réseaux sociaux.

Fermeture de l'espace aérien de l'Est de l'Ukraine


Les autorités ukrainiennes ont fermé toutes les routes aériennes survolant l'est du pays après le crash jeudi d'un avion de la Malaysian Airlines, a annoncé Eurocontrol.

"Tous les plans de vol comportant ces routes sont maintenant rejetés par Eurocontrol", a indiqué le gestionnaire de l'espace aérien européen, qui précise que "ces routes resteront fermées jusqu'à nouvel ordre".

Plus tôt dans l'après-midi, plusieurs compagnies aériennes, dont Air France, British Airways, Lufthansa, Iberia, Finnair, Air Shuttle et Delta Air Lines, avaient décidé jeudi d'éviter l'espace aérien au-dessus de l'Ukraine.

Les autorités françaises ont demandé explicitement aux compagnies aériennes françaises d'éviter l'espace aérien ukrainien, "tant que les raisons de cette catastrophe ne seront pas clarifiées".

Brussels Airlines ne dispose pas de vol passant au-dessus de l'Ukraine, a indiqué le porte-parole de la compagnie, Geert Sciot. Les avions de la compagnie à destination de Moscou volent plus au nord, au-dessus de la Biélorussie. Ce sont principalement les vols vers l'Asie qui empruntent l'espace aérien ukrainien.

Réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU

Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra une réunion d'urgence vendredi à New York (14H00 GMT) à propos de l'avion de ligne malaisien qui s'est écrasé dans l'est de l'Ukraine, a annoncé jeudi la présidence rwandaise du Conseil.

La réunion, qui devrait être publique, a été demandée par le Royaume-Uni, avaient indiqué auparavant des diplomates du Conseil.

Les réactions internationales

 

Une "terrible tragédie" selon Obama

"Cela semble être une terrible tragédie", a déclaré Barack Obama. "Les Etats-Unis offriront tout leur soutien pour aider à déterminer ce qui s'est passé et pourquoi", a-t-il poursuivi.

Le vice-président américain Joe Biden a offert au président ukrainien Petro Porochenko l'aide de son pays pour déterminer les causes de la catastrophe.

Hollande demande que "tout soit mis en oeuvre pour faire la lumière" 

François Hollande fait part de son "immense émotion" en apprenant la nouvelle et exprime "toute (s)a solidarité" aux proches des victimes. Il a demandé que "tout soit mis en oeuvre pour faire la lumière sur les circonstances qui ont provoqué" le crash.

David Cameron "choqué et triste"

"Je suis choqué et triste par le crash de l'avion malaisien", a déclaré David Cameron. Des fonctionnaires "sont réunis en ce moment pour discuter des circonstances" du drame, a-t-il ajouté. Entre cinq et dix Britanniques étaient à bord de l'avion de Malaysia Airlines.

Berlin veut une "enquête internationale indépendante"

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinemeier, a exhorté à ce "que tout soit mis en oeuvre pour élucider" le crash d'un Boeing. Steinmeier a exhorté les séparatistes à laisser passer les services de secours et que soit menée une "enquête internationale indépendante".

La Roumanie veut que des experts européens enquêtent

Le président de Roumanie Traian Basescu est consterné par cet événement tragique (...) et demande que des experts de l'Union européenne participent à l'enquête aux côtés des autorités ukrainiennes", a indiqué la présidence dans un communiqué.

L''UE et l'Otan réclament enquête rapide

L'Union européenne et l'Otan ont réclamé jeudi une enquête rapide sur la chute d'un avion de ligne malaisien dans l'est de l'Ukraine. "Nous sommes choqués par les nouvelles concernant les circonstance entourant la perte tragique d'un avion de la Malaysian Airlines et par la perte d'un si grand nombre de vies", a déclaré le chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton.

"Nos pensées vont à tous ceux dont les proches étaient à bord", a ajouté Ashton. "Les circonstances doivent être éclaircies sans retard et une enquête internationale doit faire toute la lumière sur cette tragédie", a-t-elle estimé. "Nous appelons toutes les parties de la région" où est survenu le drame "à permettre un accès total au site, afin qu'il puisse être sécurisé immédiatement, à coopérer entièrement (à l'enquête) et à partager toutes les informations pertinentes", a ajouté Ashton.

"Les faits et les responsabilités doivent être établis le plus rapidement possible", ont affirmé dans un communiqué le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. "Nous lançons un appel à une enquête rapide et complète", ont-ils ajouté.

Dans une réaction séparée, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a relevé que les circonstances de la catastrophe restaient obscures. "Néanmoins, l'instabilité dans la région, causée par les séparatistes soutenus par la Russie, a créé une situation de plus en plus dangereuse", a-t-il estimé.

"Il est important qu'une enquête internationale exhaustive soit immédiatement ouverte, sans entrave, pour établir les faits et que ceux qui pourraient être les responsables soient rapidement conduits devant la justice", a poursuivi Rasmussen. 

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