VOYAGES

Voyages lointains: 38 000 patients en médecine tropicale

Voyages lointains: 38 000 patients en médecine tropicale

En 2013, 6 400 personnes sont rentrées de déplacement dans un pays tropical avec des problèmes de santé. AFP

8 000 appels téléphoniques par an pour des conseils post-voyage, et 5 fois plus de patients à traiter. Pays tropicaux davantage à risques. Prévention.

On fait appel à l’Institut de médecine tropicale d’Anvers pour son expertise: son laboratoire, travaillant aussi pour des hôpitaux étrangers, a pratiqué 600 000 analyses en 2013! Fièvre jaune, hépatite A, polio et diphtérie arrivent en tête des 35 336 vaccins administrés sur près de 18 000 voyageurs ou expatriés concernés par une protection anticipée. D’autres personnes viennent pour des conseils ou appellent; le seul site web de l’Institut a enregistré 214 000 visites virtuelles en 2013.

Chaque année quelques Belges décèdent encore à cause du paludisme, car ils n’ont pas pris leurs antipaludéens ou l’ont fait avec négligence et trompés par les premiers symptômes anodins, ont tardé à se faire soigner. D’où ce conseil: si vous faites de la fièvre dans les trois mois à compter de votre retour de séjour, faites une prise de sang. Même si vous avez pris scrupuleusement vos médicaments, étant donné que ceux-ci n’offrent pas une protection à 100%. D’où également l’utilité de prendre des mesures générales contre les moustiques.

Puces et punaises

En régions chaudes et humides, les morsures sont le fait de vilains petits insectes: des puces aux punaises. Aux yeux du professeur Van Gompel, «les infections de plaies sont un problème souvent sous-estimé. Pour éviter de vous gratter, vous pouvez apaiser l’irritation en apposant une pommade corticoïde puissante. Bien souvent, il suffit de l’utiliser qu’une seule fois. Évitez le plus possible le visage et appliquez uniquement le soir, en raison du risque de réactions photo allergiques.»

Contre la fièvre jaune qui se manifeste par des symptômes grippaux et à l’issue parfois mortelle, il n’existe aucun traitement, mais bien un vaccin très efficace en revanche. Si vous vous rendez dans une région à risque, vous devez alors pouvoir présenter le «petit livre jaune», le certificat de vaccination. «Ceux qui ne peuvent pas se faire vacciner, en raison de défenses immunitaires affaiblies par exemple, doivent absolument prendre des mesures antimoustiques drastiques», souligne M. Van Gompel.

Soleil et rage

« Sous les tropiques, mieux vaut utiliser une crème solaire avec un indice de protection d’au moins 30», explique le professeur Fons Van Gompel, médecin en chef de la clinique du voyage de l’Institut de Médecine Tropicale. «N’hésitez pas à privilégier un indice de protection supérieur si dans le même temps vous devez utiliser un répulsif à base de DEET.» Le répulsif peut en effet réduire l’efficacité des crèmes solaires.

Les voyageurs qui ont l’intention de faire de longues randonnées ou de courir régulièrement dans des pays en voie de développement feraient mieux de se faire vacciner en prévention. Ils seront alors partiellement protégés contre le virus de la rage qui y sévit toujours. «Si d’aventure vous veniez à être mordu, nettoyez la blessure pendant 15 minutes à l’eau et au savon. Le virus est très sensible aux détergents. Lavez bien la blessure et ensuite, désinfectez-la. Consultez immédiatement un médecin pour savoir si le vaccin contre la rage et des anticorps doivent vous être administrés.»

www.itg.be