MUSIQUE

Record aux Ardentes : 76 000 festivaliers les pieds dans la boue

Record aux Ardentes : 76 000 festivaliers les pieds dans la boue

Brian Molko (Placebo), Paul Van Haven (Stromae) et Akhenaton (IAM), trois des artistes qui ont marqué le festival. Jérôme HEYMANS

Avec Stromae, Placebo et Massive Attacken points d’orgue, la neuvième édition des Ardentes a été couronnée de succès.

Auparavant, les organisateurs des Ardentes avaient pour habitude de citer l’édition 2011 comme référence. Elle avait vu défiler 70 000 festivaliers en bord de Meuse. Ce record a été battu, avec un total cumulé de 76 000 entrées sur les quatre jours. La journée de samedi a particulièrement cartonné, grâce à ses têtes d’affiche IAM, M.I.A. et l’incontournable Stromae.

Les 21 000 spectateurs de samedi constituent un maximum à ne pas dépasser étant donné la capacité du site, reconnaissent les organisateurs Fabrice Lamproye et Gaëtan Servais. Du coup, l’idée d’un déménagement fait son chemin. Un projet immobilier dans le quartier de Coronmeuse imposera de toute façon une migration, probablement dès 2017. La dixième édition, en 2015, aura bien lieu sur le même site. Mais on pourrait assister à un déménagement dès 2016, laissent entendre les organisateurs.

Après deux éditions en demi-teinte, celle-ci peut légitimement satisfaire le duo organisateur, qui a dégotté la bonne formule.

Têtes d’affiche fédératrices

Niveau programmation, on avait mis le paquet. On en a eu pour son argent avec la plupart des pointures internationales présentes. On songe au groupe français Shaka Ponk, qui, s’il n’était pas artistiquement le plus intéressant, a tout de même fait honneur à son public en achevant le concert sous une pluie diluvienne.

«Urbanitude» revendiquée

Sans soulever les foules, Placebo a néanmoins livré un concert sans bavure, qui en a mis plein les yeux et les oreilles, avec quelques tubes comme Special K et Every me and every you à l’appui. Stromae, faut-il le préciser, a déclenché une véritable hystérie. Vitalic, M.I.A. et les autres ont aussi fait le job, comme on dit. Ce dimanche, Massive Attack et Selah Sue devaient en faire de même pour clôturer les festivités. La vraie déception, finalement, restera le légendaire Giorgio Moroder avec un DJ set des plus calamiteux.

Cela devient une marque de fabrique: les Ardentes sont un festival urbain, dans l’implantation comme dans la programmation. Et bien des rockeurs peu amateurs de hip-hop et d’autres musiques dites urbaines l’ont reconnu: la plaine s’est souvent enflammée grâce à cette part-là de la programmation.

Les Ardentes affinent et affirment leur identité, cela fonctionne. Le sommet a été atteint avec IAM, samedi soir. Nous avons été séduits par une flopée de rappeurs américains, autant de «bad boys» qui se sont montrés généreux et plus qu’à la hauteur: la grosse star Wiz Khalifa, Schoolboy Q, Mobb Deep, Kid Ink, Naughty Boy et on en passe.

La flotte a été bien gérée

Finalement, hormis un déluge d’une quarantaine de minutes durant le concert de Shaka Ponk, jeudi, et quelques bonnes averses dimanche, il n’a pas tellement plu.

Et pourtant, les conditions météorologiques s’annonçaient catastrophiques. En début de semaine, l’équipe organisatrice et les bénévoles en ont fait les frais pour un montage du site qui s’est avéré épique. Mais le ciel a cessé de tomber sur la tête des Liégeois dès jeudi 14 heures. Aux alentours de minuit, donc, un orage et des pluies diluviennes se sont abattues sur la plaine.Les festivaliers ont dès lors pataugé dans la boue durant quatre jours et les commerces ont rapidement connu une rupture dans leurs stocks de bottes. Mais, forte de son expérience des précédentes éditions pluvieuses, l’organisation a plutôt bien géré la situation, avec le déversement de graviers aux endroits de passage, l’aspiration chaque matin de l’eau par les services de la Ville et la pose de nombreuses plaques au sol pour éviter au public de s’y embourber.