DIABLES ROUGES

Le Brésil est désormais endiablé

Le Brésil est désormais endiablé

Marc Wilmots laisse éclater toute sa joieavec Lieven Maesschaelk. il y avait de quoi mardi. Photo News

La Belgique a convaincu tous les sceptiques. Marc Wilmots et ses hommes veulent désormais écarter l’Argentine.

Avant que nous quittions la Fonte Arena de Salvador, mardi, un journaliste brésilien œuvrant pour Band Sports s’est approché de nous, désireux d’en savoir un peu plus du Romelu Lukaku. Avant de se quitter, notre confrère nous a lancé: «Encore félicitations pour votre match (NDLR: personnellement, nous n’y sommes pour rien). Désormais, tout le Brésil soutient aussi la Belgique. Enfin… au moins jusqu’en finale face à la Seleçao. D’ici-là, bonne chance!»

Waar is da… Festa!?

Voici donc les Brésiliens qui se prendraient de sympathie pour les Diables. Deux choses peuvent expliquer cela. Tout d’abord, le prochain adversaire des Diables n’est autre que l’Argentine, le… meilleur ennemi de tout Brésilien qui se respecte. D’ailleurs, s’il y aura fatalement plus de fans de l’Albiceleste que des Belgian Red Devils dans la soucoupe de l’Estadio Nacional de Brasilia, samedi prochain, la Belgique est déjà assurée du support des fans locaux, dont certains reproduisent déjà «Waar is da feestje», avec un accent chantant incomparable.

Le second élément qui fait que les Diables ont grignoté quelque infime part d’amour dans le cœur des Auriverde est tout simplement la qualité de leur match face aux USA. Comme beaucoup, le Brésil était exigeant avec les Diables et était resté sur sa faim malgré le carton plein réalisé en phase de poule. Cette fois, cela y est: tout le monde a vu de quoi cette équipe belge est capable.

«Il fallait du spectacle?Eh bien, c’est fait»

Marc Wilmots ne s’y est d’ailleurs pas trompé en lançant aux médias: « Il fallait être plus spectaculaire? Eh bien, maintenant, c’est fait!»

Le sélectionneur belge est ravi de ce que son équipe a montré. « On a vu une Belgique conquérante, a-t-il poursuivi. Avec beaucoup de mouvement, beaucoup de jeu et énormément d’occasions. Je n’ai pas compté, mais on a tiré plus de 20 fois au but, non?»

Oui. Trente-huit (38!) tentatives, en fait, dont vingt-sept ont été cadrées. Pour 14/9 en face… C’est dire l’hégémonie belge sur cette partie, malgré le stress consécutif au but de Green en fin de prolongation. «Pour mon cœur, il n’en faudrait pas trop des comme celui-ci», a d’ailleurs soufflé Marc Wilmots le temps d’une pause arrondie dans son discours carré conclut par un: «On ne va pas crier que c’est magnifique et tout ça. On a fait ce qu’il fallait. Et on en veut plus (NDLR: voir ci-contre).»

Origi et l’efficacité

L’entraîneur belge a à nouveau merveilleusement bien exploité la profondeur du compartiment offensif de son effectif. Il fallait oser titulariser le jeune Origi, et, surtout, le laisser sur le terrain jusqu’à l’issue du temps réglementaire. Car le début des prolongations constituait effectivement le bon moment pour lancer un Lukaku affamé, qui a de suite fait la différence. « J’ai même eu quelques scrupules à retirer Divock du jeu, confie Wilmots. Il faisait vraiment un bon match. Exactement ce qu’il fallait. Avec sa vitesse d’exécution et sa facilité en un contre un. Son seul petit défaut, dû aussi à son jeune âge, c’est qu’il ne marque pas facilement. Par ailleurs, c’est bien pour Lukaku, qui a été tué… ou tout du moins très critiqué par la Presse. Ce qui n’était d’ailleurs pas infondé au vu de ses deux premiers matches. Là, c’était son moment. Je lui avais dit «t’inquiète pas, gamin, tu marqueras peut-être en 1/8». Et voilà. Cela aussi, c’est fait.»

Même si cela a donc mis du temps à arriver face aux USA. «On a été forts mentalement et physiquement, mais quand tu galvaudes autant à ce niveau, normalement, tu perds. Il faudra y songer pour la suite.»

Parce que l’Argentine ne leur en laissera pas tant.