Le don de sperme en 5 étapes

Avant d’obtenir le feu vert pour le don, le sperme et le donneur doivent passer par une série d’examens. nmcandre - Fotolia

Le donneur de sperme doit avoir entre 18 et 45 ans. Autrefois, il était le plus souvent étudiant. Mais aujourd’hui, 50% des donneurs sont des pères de famille. Il doit passer par différentes étapes.

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1. Les analyses

Le donneur de sperme se rend dans l’un des 13 centres de procréation médicalement assistée (PMA) belge disposant de sa propre banque de sperme. Il existe 17 centres en Belgique, mais quatre ne fonctionnent qu’avec du sperme d’importation. Il donne un premier échantillon qui est soumis à deux tests: un spermogramme: une analyse de la quantité et de la qualité des spermatozoïdes. La congélation est le 2e test: comme le sperme du donneur destiné à être conservé dans le froid, il faut voir si la qualité reste bonne en passant par les étapes «congélation-décongélation»

2. La prise de sang et visite médicale

Si les résultats des premières analyses sont concluants, le donneur doit subir une prise de sang. «On regarde les chromosomes, et aussi les maladies, dit Greta Verheyen, embryologiste clinique et chef du labo PMA de l’UZ Brussel. Le donneur passe une consultation chez un andrologue. Il y a des tests ADN, un examen physique et une anamnèse sur les maladies qui ont touché la famille du donneur. «On teste systématiquement des maladies comme la mucoviscidose ou l’amyotrophie spinale. Car ce sont des maladies très courante: un homme sur 20 est porteur.»

Lors de ces 2 premières étapes, le donneur n’est pas payé, mais il est défrayé pour ses déplacements.

3. Le don de sperme

Si le donneur est accepté après l’étape 3, il est candidat pour le don… Ou plutôt les dons: il peut donner du sperme 10 à 20 fois. «Parfois deux fois par semaine, une fois par semaine… ou une fois par an,» explique le Dr Verheyen. «Le sperme sera donné à maximum six femmes différentes, car elles peuvent décider d’avoir plusieurs enfants et elles préfèrent que ce soit le même donneur. La rémunération à l’hôpital de Liège, est de l’ordre de 75€.

4. La quarantaine

Pendant six mois, le sperme est en quarantaine. Le temps de faire une sérologie des maladies sexuellement transmissible: HIV, hépatite B, Chlamydia…

5. L’utilisation

Ici, plus rien ne se passe pour le donneur. Mais il arrive que les parents signalent un problème. «On bloque alors le donneur, on remet le sperme en quarantaine, le temps d’évaluer le problème. On évalue alors s’il doit être retiré de façon définitive ou temporaire. Ce système fonctionne.», explique le Dr Herman Tournaye, chef du centre de la reproduction humaine de l’UZ Brussel. Lors de la conférence, un cas a été évoqué par une personne militant pour la levée de l’anonymat du donneur. Un cas de neurofibromatose. «Le donneur ne savait pas qu’il était porteur d’un gêne très rare. Cela a pris 6 mois pour retirer le sperme: c’est à la naissance du 2e enfant malade qu’on a fait le lien entre le donneur et la maladie génétique. Mais c’est un cas rare, comme l’explique Greta Verheyen: «C’est une maladie qui est répartie dans le sperme sous forme de “mosaïque”: certains spermatozoïdes sont sains et d’autres non. Dans un cas comme celui-là, il faut recontrôler le donneur.»