Exemptés de vaisselle

Belga

On ne sort pas de là depuis deux semaines: la Coupe du monde occupe tous les esprits et les conversations. Les mélodramatiques effets d’annonce de nos éminences politiques dans un contexte difficile de négociations pour un gouvernement fédéral, ce sont des clopinettes, du moins que rien.

Le début d’une guerre civile en Ukraine, c’est de la roupie de sansonnet! Par contre, les adducteurs de Kompany? Du vécu, du direct, du suivi, de la matière pour alimenter un grand débat de société…

C’est ainsi: le temps de la Coupe du monde arrête le temps de tous les autres événements. Les problèmes sociaux au Brésil? Étonnamment passés sous silence depuis le match d’ouverture de Neymar et compagnie. Nos médias préfèrent s’attarder sur le Devillage, au sein duquel bon nombre de nos compatriotes connaissent des conditions de vie digne des tristement célèbres favelas.

Et pour ne pas être en reste, lors des directs télévisés, avez-vous remarqué combien ce monde du football reste misogyne d’une manière récurrente? À chaque interruption de match, les caméras n’ont de cesse que de nous montrer des nanas colorées et maquillées comme un soir de carnaval. Considérer les femmes comme singulières dans une tribune de supporters ne fait que renforcer l’idée que ce sport n’appartient qu’à un seul sexe. D’ailleurs, les messages publicitaires vous le rappellent: pendant cette Coupe du monde, ces messieurs peuvent rester devant la nouvelle télévision, bouffer des chips, se taper des bières et, surtout être exemptés de la vaisselle, de la corvée patates, ou de la visite chez belle-maman.