LIÈGE -

Chrétienne et autonome, RCF-Liège n’est pas une radio comme les autres

Chrétienne et autonome, RCF-Liège n’est pas une radio comme les autres

Éric De Beukelaer, doyen de Liège-rive gauche, est également président du conseil d’administration de RCF-Liège.

Coup de projecteur sur RCF-Liège, une Radio chrétienne francophone qui célèbre ses 10 ans d’existence en Cité ardente. La chaîne assume pleinement son caractère chrétien, mais revendique aussi sa liberté.

Il fallait oser, en 2004, mettre sur les ondes une radio chrétienne, à l’heure où les médias d’opinions et confessionnels font partie du passé. Il fallait aussi créer un ton, se démarquer et trouver son audience. Après une décennie d’existence, RCF-Liège peut aujourd’hui observer son parcours avec une certaine satisfaction et se tourner vers les enjeux du futur, pour une radio qui prend le temps de se poser et fonctionne sans publicité.

C’est il y a 10 ans en effet que RCF-Liège a vu le jour, s’installant dans le réseau international des radios chrétiennes francophones. En Belgique, elle est l’une des trois stations affiliées, avec RCF-Bruxelles et RCF Sud Belgique (Namur-Bastogne).

L’aventure est née d’un partenariat avec une radio locale bien implantée à Herstal, la Radio-Charlemagn’rie. Rapidement, l’équipe professionnelle s’est structurée, entourée d’un important effectif de bénévoles, qui proposent et animent leurs émissions.

L’un des tournants a été la mise en place du fameux plan de fréquences en 2008, lors duquel RCF-Liège a décroché la précieuse fréquence du 93.8 FM, qui rayonne à Liège et dans un périmètre d’une trentaine de kilomètres alentours. Cette attribution heureuse s’accompagnait cependant de quelques contraintes, dont l’obligation de diffuser 70% de programmes du cru, c’est-à-dire liégeois. Ce seuil est franchi par RCF-Liège depuis le mois d’avril dernier, grâce à 17 heures liégeoises quotidiennes.

L’équipe s’est progressivement développée, pour comporter aujourd’hui 89 professionnels, mais aussi 70 bénévoles qui participent activement à son dynamisme. «Il faut savoir que nous ne produisons pas moins de 55 émissions à Liège, dont tout le monde est bien occupé», précise Bernard Gilles, le directeur de la radio. Ces bénévoles sont encadrés et formés à la pratique radiophonique, ce qui leur permet de passer sur antenne de manière quasi professionnelle.

«Une liberté totale» par rapport à l’Église

Cette pluralité des effectifs permet de satisfaire l’une des exigences majeures de RCF-Liège, à savoir l’autonomie. «On peut avoir l’image d’une radio chrétienne avec l’autorité très structurée de l’Église qui la chapeauterait. Mais ce n’est pas du tout le cas, nous revendiquons une liberté totale, même s’il n’est pas rare que nous échangions avec l’évêché par exemple sur tel ou tel sujet», tient à préciser Bernard Gilles.

RCF-Liège affirme dès lors son œcuménisme, en accordant du temps d’antenne à toutes les sensibilités. «Nous recevons également des représentants d’autres religions, dans un respect mutuel.»

L’indépendance, d’une certaine manière, est garantie par l’absence de publicité, avec une participation de l’évêché pour un petit tiers du budget, le reste étant couvert par des dons divers. Ce principe de fonctionnement – et ce n’est pas négligeable – octroie du temps aux animateurs, qui peuvent se permettre d’aller au fond des choses, plus sans doute que sur d’autres chaînes. «C’est d’ailleurs une qualité que les auditeurs nous signalent souvent: “chez vous, il n’y a pas de pub”», se félicite Bernard Gilles.

On y écoute aussi du jazz

Elle a beau être chrétienne, RCF-Liège aborde bien d’autres sujets. «Il n’y a aucun tabou», souligne le directeur. Ainsi, 30% du temps d’antenne sont consacrés à la spiritualité, mais également 25% aux questions sociales et culturelles, 15% aux informations et 30% à la musique. «Nous avons par exemple des spécialistes de tel ou tel registre musical. Nous diffusons du jazz, ce qui plaît à pas mal de connaisseurs», cite en exemple Bernard Gilles.

Avec son site internet, son système d’écoute en streaming et sur smartphone, mais aussi sa présence sur les réseaux sociaux, RCF-Liège a par ailleurs emprunté le virage des nouvelles technologies, c e qui devrait lui assurer un avenir dans le paysage radiophonique.

À noter que Bernard Gilles quittera la direction à la rentrée. Ce poste sera occupé par Philippe Cochinaux.