DELHAIZE -

Delhaize: c’est une restructuration, mais dit «avec de beaux mots ...»

Delhaize: c’est une restructuration, mais dit «avec de beaux mots ...»

L’annonce du groupe Delhaize a provoqué bien des réactions au sein du personnel Eda - Florent Marot

Prévisible, «dégueulasse», dur, honteux... L’annonce du groupe Delhaize a fait l’effet d’un électrochoc dans les rangs du personnel et les qualificatifs «fleuris» n’ont logiquement pas manqué. Coup de sonde au Delhaize à Jambes...

Du côté du groupe Delhaize, on parle donc d’un plan de transformation. Mais du côté du personnel, on évoque plutôt un plan de restructuration «dit avec de beaux mots»... Et inutile de le dire: l’annonce «apprise via les médias » a fait l’effet d’un électrochoc, même si des voix laissent entendre que c’était prévisible...

Au Delhaize à Jambes (Namur), comme sans nul doute dans les autres enseignes du groupe, le sujet était évidemment sur toutes les bouches ce mercredi matin. « Oui, c’est dur», indique cette employée en virevoltant entre les rayons avec des caisses de cartons dans les bras. « C’est honteux. Mais pour l’instant, ce n’est qu’une note d’intention hein. Nous avons eu une réunion ce matin et on nous a informés des volontés de Delhaize. En gros, c’est ce qu’on avait déjà dit à la radio. Ici, nous ne fermons pas. Mais on n’en sait pas davantage. Pour le reste, on verra donc. Mais on ne va se leurrer hein, on ne va pas rigoler...»

«Je n’ose pas imaginer...»

On sent le sujet délicat. Logique. Même si le magasin fonctionne tout à fait normalement. A gauche, près des caisses «selfscan», ces trois employés se disent inquiets «Le magasin de Jambes n’est pas concerné par la fermeture, souffle cette caissière. Mais c’est terrible, on connaît tous quelqu’un dans un autre magasin qui risque bien de fermer et ça, c’est un drame...» «Et il y en a qui vont fermer dans le coin ?» demande son interlocuteur. S’ensuit un silence un peu gêné suivi d’un rapide signe affirmatif de la tête: «Dinant» dit-elle d’un ton très bas. Plus loin, dans le rayon «conserves», c’est un pensionné poussant son caddie qui discute du sujet avec une employée. «C’est un coup dur ça, dit-il d’un ton plein de compassion. Des mamans et des papas qui perdent leur boulot, je n’ose pas imaginer les répercussions que ça doit avoir aujourd’hui. Je n’ai jamais connu de restructuration...»

« Moi, je trouve ça dégueulasse, commente cet autre employé d’un ton rageur mais néanmoins posé. À vrai dire, nous avons eu une réunion ce matin, mais au final, on ne sait rien... On parle de 2 500 postes supprimés. Et vous savez quoi? Il n’y en a aucun dans les 900 cadres. Vous trouvez ça normal vous? C’est scandaleux. Maintenant, on est d’accord, c’était prévisible, ce n’était pas inattendu...» Pourquoi? Il n’en dira guère plus, s’éloignant rapidement dans le rayon pour répondre à une question d’une cliente.

Seule certitude: «on ne ferme pas»

À la caisse, près du parking, dans les rayons, au point d’accueil, bref, partout donc, le sujet est sur toutes les lèvres du personnel. Mais aussi des clients qui posent de nombreuses questions, auxquelles personne ne peut, en l’état, répondre. Alors on soupire, on hausse les épaules avec un sourire quand même inquiet...

A l’extérieur du bâtiment, près d’un grand volet métallique, cet employé du magasin tenait sa cigarette en main, à l’extérieur. Téléphone à l’oreille et faisant les 100 pas, il semblait vouloir rassurer sa compagne: « Non, chérie, notre magasin ne ferme pas...» C’était, mercredi matin, la seule certitude pour tout le personnel du Delhaize de Jambes. Pour le reste ...


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