De Wever reste sur le pont et le PS au balcon

De Wever reste sur le pont et le PS au balcon

Bart De Wever porte désormais la cravate pour visiter le roi. Il lisse son image comme jamais pour séduire les francophones du MR et du cdH. BELGA

Bart De Wever tente le tout pour arracher une coalition fédérale sans le PS. Face à lui, le MR, ours blessé et solitaire et le cdH Petit Poucet écartelé.

Le costume, la cravate et le cheveu tiré au peigne fin. Bart De Wever a entretenu le roi trois quart d’heures durant. Le patron de la N-VA a convaincu le roi de lui offrir une semaine supplémentaire pour débroussailler sa coalition fédérale de centre-droit. Il devra cette fois remettre son rapport mardi prochain, jour où les diables rouges se devront de gagner leur premier match, contre l’Algérie.

L’informateur royal devait remettre hier un rapport définitif. Mais les rebondissements dans les régions, avec la formation de coalitions PS-cdH (FDF) et N-VA CD & V a tout compliqué. Plusieurs partis politiques dont le CD & V, le PS et le MR avaient souligné la nécessité d’avancer parallèlement dans la formation des gouvernements fédéral et régionaux. Ce n’est pas ce qui s’est passé. D’aucuns crient désormais à la crise infinie et au confédéralisme comme point de mire inéluctable.

Voire. Les paris sont pris. Si Bart De Wever continue c’est que cela augure d’une possible réussite pour lui, disent de nombreux observateurs flamands. Mais bien malin qui pourrait l’affirmer avec autant d’aplomb côté francophone. La formation éclair des gouvernements wallon et bruxellois laisse les libéraux groggy et complètement isolés et les cdH dans une manœuvre pour le moins délicate.

Au balcon, les socialistes observent, sourire en coin. Le coup de fusil est prêt à partir: pactiser avec De Wever en étant une minorité dans le groupe francophone déjà minoritaire serait suicidaire. Que le MR finisse par aller seul dans cette coalition avec ses 20 sièges. Ou qu’il soit rejoint par le cdH avec ses 9 sièges. Il manquera toujours au moins quatre sièges pour faire face dans ce gouvernement des droites.

Le cdH est sous pression. Les trois autres partis francophones (le MR, Écolo et même au PS…) sifflent sur le passage des humanistes en soulignant leur possible, probable, éventuelle déloyauté. Benoit Lutgen, Petit Poucet du paysage politique tiraillé entre la droite et la gauche, va-t-il faire le grand écart de trop? Et le MR, écœuré, claquera-t-il la porte pour se mettre dans l’opposition ou ira-t-il tout seul et tout minorisé dans un gouvernement flamand? Le PS attend son heure. Bart De Wever continue les grandes manœuvres.

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