Vraiment nuls, ces bulletins ?

Pour le parti de Raoul Hedebouw (PTB-Go), le recomptage s’impose à Charleroi. BELGA

Les réclamations des petits partis à l’égard des résultats électoraux évoquent des situations assez délicates et des témoignages troublants.

Ils ont défilé pendant une heure devant la commission de vérification des pouvoirs, qui a suspendu son huis clos pour rendre ces auditions publiques. La plus grande salle de commission du Parlement wallon est bourrée à craquer.

Sur le banc réservé aux personnes auditionnées se succèdent des représentants du mouvement La Droite, de Valeurs libérales citoyennes, du Parti populaire (PP) et du PTB-Go. Leurs réclamations concernent les résultats électoraux des circonscriptions de Charleroi, de Verviers, de Liège, de Huy-Waremme et même de l’ensemble du scrutin.

Il est forcément beaucoup question du bug informatique qui a marqué la soirée électorale. Et de toutes ces procédures mises en place pour y remédier. Résultats transférés sur des clés USB non sécurisées, urnes fermées seulement avec de simples colsons (« Facile à ouvrir et à remplacer, rien ne ressemble plus à un colson qu’un autre colson», note Mischaël Modrikamen, président du PP), assesseurs renvoyés chez eux alors qu’ils sont censés siéger… Et il y a ce paquet de 300 bulletins remplis et non dépouillés découverts avec des bulletins vierges, qui sont finalement attribués au prorata des votes émis. «Tout ça après 15 heures de comptage», rapporte l’avocate du PTB-GO.

Le PP demande un recomptage des voix, au moins à Verviers et à Charleroi. Le PTB-Go demande lui aussi un recomptage à Charleroi. Comme le rappelle la tête de liste PTB-Go de Charleroi, Germain Mugemangango, à 13 voix près, il décroche un siège dans sa circonscription. Ou même deux sièges, selon les délicats rééquilibrages de l’apparentement.

Une interprétation restrictive

«Très vite, dans certains bureaux de dépouillement, on a déclaré nuls des bulletins valables», dit-il. Il y en aura 21 000 dans sa circonscription. «De façon généralisée, on se rend compte qu’il y a une interprétation restrictive de ce qu’est un bulletin nul», poursuit Germain Mugemangango devant la commission.

«On ne demande pas une remise en cause globale mais un recomptage à Charleroi des votes réputés non valables. Il nous semble important qu’il existe cette possibilité de recomptage a posteriori», insiste-t-il.

Écolo, par contre ne demande pas de recomptage. Mais n’exclut pas de réclamer la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur cet épineux dossier.

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