L’UEFA, caillou dans la chaussure de Blatter

L’UEFA, caillou dans la chaussure de Blatter

Blatter ne devra en tout cas pas compter sur l’UEFA pour reconduire son mandat. AFP

Le torchon brûle de mieux en mieux entre l’UEFA et Sepp Blatter. Si le Suisse ne l’avait pas encore compris, les Européens lui ont mis les points sur les i.

La campagne du président de la Fifa Joseph Blatter, préparant le terrain pour annoncer sa candidature à un 5e mandat, avait des allures de promenade de santé, jusqu’à hier. Avant chaque Congrès de la FIFA, les six Confédérations (Asie, Afrique, Europe, Amérique du Sud, Amérique du Nord/Centrale/Caraïbes et Océanie) se réunissent en interne, et le président de la Fifa vient s’adresser à elles.

Cette fois, cette tournée avant le Congrès de mercredi à Sao Paulo, avait une tonalité particulière. L’accueil qu’a réservé l’UEFA à une reconduction de Blatter n’a pas été froid, il fut frigorifique, comme le raconte Michael Van Praag, président de la fédération néerlandaise.

«M. Blatter nous a dit au micro qu’il avait changé d’avis, comme tout être humain a droit de faire, il a confirmé qu’il avait bien dit (en 2011) que ce serait son dernier mandat, mais qu’il avait changé d’avis, a d’abord confié M. Van Praag, à l’issue du meeting UEFA dans un hôtel du centre de Sao Paulo. J’ai dit alors au micro: - je vous aime beaucoup, vous connaissez ma femme (rires) -, n’y voyez rien de personnel, mais la réputation de la Fifa est aujourd’hui indissociable de la corruption, la Fifa a un président, vous êtes responsable, vous ne devriez pas vous représenter, ce n’est pas bon pour la Fifa».

«Je n’étais pas à la réunion de la Confédération africaine, ni à celle de l’Asie, mais, cette fois, devant l’UEFA, il n’a pas eu d’ovation», a assuré Van Praag.

Et qu’a répondu Blatter? «Il a dit - je ne vais pas démissionner aujourd’hui -, il a interprété mes paroles croyant que je lui intimais de démissionner, mais ce n’étaient pas mes mots», a raconté le Néerlandais.

Depuis 2011, Blatter file la métaphore du capitaine qui ne peut quitter le navire en pleine tempête. Il a encore utilisé l’’expression «tempête» devant les Européens. «Il n’y a pas de tempête sur le football, il y a une tempête sur la FIFA», a taclé Gianni Infantino, secrétaire général de l’UEFA, à l’issue de la réunion de son instance.

Quid de Michel Platini, président de l’UEFA? «Platini est notre candidat préféré, mais il a dit, en discutant avec nous, qu’il n’a pas fait son choix, nous espérons qu’il nous dira en septembre s’il veut être candidat ou pas, a rappelé Van Praag. Si Platini n’y va pas, l’UEFA se réunira pour voir si elle doit promouvoir un candidat, et à mon avis, nous devrions le faire».

Blatter, devant les Africains, avait parlé lundi de «racisme» concernant certaines remises en cause du Mondial-2022 au Qatar. «Je n’ai pas été heureux qu’il utilise ce mot, a rebondi Van Praag. Cela n’a rien à voir avec du racisme.»

Nouvelles menaces de grève

L’ambiance règne donc dans les quartiers brésiliens de la FIFA et autour, ça ne va pas beaucoup mieux. Le terrain social s’était pacifié après la suspension lundi soir de la grève du métro qui semait le chaos à Sao Paulo depuis jeudi dernier. Mais le répit pourrait être de courte durée. D’abord parce que le mouvement risque de reprendre dès jeudi, date de la rencontre Brésil-Croatie, si les 42 grévistes licenciés de Sao Paulo ne sont pas réintégrés. Ensuite parce que ce sont maintenant les employés du métro de Rio de Janeiro, utilisé chaque jour par 800 000 Cariocas, qui menaçaient hier d’entrer en grève à leur tour.

La pression est donc forte sur les autorités brésiliennes qui veulent à tout prix éviter, en plein Mondial et à cinq mois d’élections générales, une réédition des manifestations d’une ampleur historique qui avaient accompagné la Coupe des Confédérations en juin 2013.

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