Un mauvais coup

REporters

Toutes les assemblées parlementaires baignaient hier dans des eaux très troubles. Le bug électoral du 25 mai a soufflé un vent glacé sur la validité des élections.

Le plus ahurissant se déroulait hier. Les mêmes députés soupçonnés d’avoir été (très éventuellement) élus erronément ou abusivement étaient chargés de valider les résultats. Juge et partie. Dans notre démocratie belge, dans notre pays hautement sophistiqué, la vérification des pouvoirs repose sur un ressort partial, à la base. Ça a bloqué, ça a pinaillé et ça s’est justifié à tous les étages. On n’a pas de quoi être particulièrement fiers. La Roumanie s’est fait rattraper dans un «cas un peu pareil » par la Cour européenne. Depuis 2010, les politiques savaient que notre manière de faire vérifier les résultats électoraux par ceux-là même qui avaient gagné était bancale. Les bugs et autres soucis ont jeté une lumière crue sur cette curieuse manière que nos politiques ont de valider les élections sans se poser de questions sur l’indépendance de leur démarche.

On ne sait pas, on ne dit pas, que des fautes et des erreurs auraient fait basculer les résultats électoraux. On ne soupçonne pas l’un ou l’autre de bricoler ou de tricher avec tout cela. On admet que le fait que tous les partis élus soient de la partie pour apposer cette vérification est une forme de garantie, mais une forme défaillante. On constate que tout cela n’est pas propre et serein. À l’heure des grands mots, au moment où les partis se lancent des «dénis de démocratie » et s’opposent des calculs coupés en quatre pour affirmer leur légitimité, ce qui se passe là n’est pas de nature à rassurer et à réconcilier l’électeur avec les institutions qui le dirigent.

Le bug électoral 2014 laissera longtemps des traces, des questions, des suspicions. L’installation houleuse hier des Parlements wallon et bruxellois a encore fait un peu plus grandir un malaise bien contrariant. «Les installations des Parlements ne se font pas dans la sérénité, encore un mauvais coup pour l’image de la démocratie », constatait lui-même hier Philippe Moureaux, vieux sage du PS.

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