GRANDE-BRETAGNE

Mettre fin au « viol, arme de guerre »

Mettre fin au « viol, arme de guerre »

Le sommet se tient à l’initiative de l’actrice Angelina Jolie et du chef de la diplomatie britannique. Reporters / Abaca

Un sommet exceptionnel pour mettre fin au «viol comme arme de guerre» réunit, depuis hier à Londres, tous les acteurs concernés.

L’actrice Angelina Jolie et le chef de la diplomatie britannique William Hague ont ouvert mardi à Londres un sommet «sans précédent» sur les violences sexuelles pendant les conflits et l’utilisation du viol comme «arme de guerre».

La star d’Hollywood, ambassadrice de bonne volonté du Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés, et le ministre britannique vont présider jusqu’à vendredi le plus grand événement jamais consacré au sujet. Il réunit des délégations de plus de cent pays, représentants gouvernementaux, ONG, religieux, experts militaires et juridiques, associations humanitaires et membres de la société civile. Seront présents 48 ministres des Affaires étrangères mais aussi ceux qui étaient et continuent à être en première ligne: des victimes, des témoins et des acteurs sur le terrain tels le gynécologue-obstétricien congolais Denis Mukwege, qui soigne les femmes violées en République démocratique du Congo (RDC). L’objectif du sommet est de sensibiliser les opinions et combattre l’impunité.

En annonçant la tenue du sommet en février à Washington, William Hague avait raconté comment il avait été inspiré par Angelina Jolie et son film datant de 2011, «Au pays du sang et du miel», sur la guerre en Bosnie. Sans ce premier long-métrage de la réalisatrice, la réunion de Londres «n’aurait jamais vu le jour», avait-il alors admis. Outre les échanges officiels, le sommet propose tout un programme ouvert au public avec des ateliers, des conférences, des expositions et du cinéma muet pour sensibiliser à un mal souvent dissimulé sous l’horreur de la guerre.

L’objectif est d’ «éveiller les consciences» sur l’étendue du fléau, de «combattre l’impunité» et de «créer un élan irréversible» qui puisse déboucher sur «des actions concrètes sur le terrain». Angelina Jolie et William Hague recevront vendredi le renfort du secrétaire d’État américain John Kerry qui en a fait un «combat personnel».

Un «crime international majeur»

Selon le secrétaire d’État américain, il faut commencer par considérer le viol en temps de guerre comme «un crime international majeur et plus seulement comme la conséquence inévitable de tout conflit». «Il faut ensuite convaincre chaque gouvernement de refuser de servir de refuge à ceux qui ont commis ces actes infâmes». Ce dernier point «devrait être un des héritages principaux du sommet de Londres», a insisté John Kerry.

Voir comment on peut améliorer les systèmes judiciaires, la formation des militaires et le soutien aux victimes seront d’autres pistes évoquées. Il sera également question à Londres du sort des plus de 200 lycéennes enlevées par Boko Haram au Nigeria. William Hague accueillera jeudi son homologue nigérian, ainsi que des représentants des états voisins du Bénin, du Tchad, du Cameroun et du Niger, pour discuter des moyens de «vaincre» le groupe islamiste.

Nos dernières videos