SANTÉ

Mesdames, reprenez donc un peu d’iode…

Mesdames, reprenez donc un peu d’iode…

Les femmes mangent souvent moins de lait et de pain que les hommes. Cela explique certaines carences en iode. Es75 - Fotolia

L’iode est primordial pour la santé physique et mentale. Mais un rapport indique qu’en moyenne, les femmes n’en consomment pas assez.

Le lait, le pain et le poisson. Ce sont là les sources principales d’iode dans notre alimentation. Cet oligo-élément est nécessaire, notamment, au bon fonctionnement de la glande thyroïde. Il joue donc un rôle très important dans la production de certaines hormones importantes pour la santé et la croissance.

Une quantité suffisante d’iode dans l’alimentation est donc primordiale, particulièrement pour les enfants et les femmes enceintes et en période d’allaitement.

Selon une étude du Conseil supérieur de la Santé (CSS), la situation en Belgique est meilleure qu’avant. Une étude menée en 1998 auprès d’écoliers de 6 à 12 ans avait révélé qu’en moyenne, les niveaux d’iode dans leur alimentation étaient un peu inférieurs au seuil conseillé par l’Organisation mondiale de la santé.

Les autorités avaient alors réagi, notamment en encourageant les boulangers à utiliser du sel iodé plutôt que du sel ordinaire dans la préparation du pain. Résultat, l’utilisation de sel iodé dans les boulangeries belges est passée de 11% à 44% entre 2001 et 2012.

Les femmes, mais plus les enfants

Une étude plus récente, en 2010, a montré les bienfaits de cette évolution. Désormais, la majorité des écoliers belges a une alimentation suffisamment riche en iode.

Ce n’est pourtant qu’un demi-cocorico… Car, note le rapport du CSS, «la situation n’est toujours pas normalisée pour les femmes en âge de procréer et pour les femmes enceintes». Une raison simple à cette situation, selon Jean De Schepper, pédiatre et endocrinologue à la VUB: «La part du lait et du pain dans l’alimentation des femmes est moins importante».

D’où la nécessité de poursuivre la sensibilisation, sur plusieurs fronts. Le CSS encourage ainsi les ménages à utiliser du sel iodé au lieu de sel normal dans la préparation des repas. Mais toujours dans des proportions modérées: l’alimentation a globalement tendance à être trop riche en sel, ce qui comporte des risques cardiovasculaires.

La grande distribution a aussi une responsabilité, celle d’encourager l’achat de sel iodé. Notamment en alignant les prix du sel iodé sur ceux du sel ordinaire, souvent moins cher.

Et les boulangeries doivent poursuivre leur effort, estime le CSS. «Il faut réencourager ces acteurs commerciaux. La majorité des boulangeries industrielles a suivi le mouvement, mais beaucoup de boulangeries artisanales doivent encore passer le pas.»

Enfin, le CSS encourage les professionnels de la santé à conseiller des compléments alimentaires d’iode aux personnes à risque, notamment les femmes enceintes et en période d’allaitement.

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