BELGIQUE

Sa jeunesse, Paola, son couple, Baudouin : les «histoires» d’Albert II

II aime le poulet à la compote le dimanche (ça lui rappelle son 5e anniversaire), il n’a pas envie de redevenir un prince, il a été amoureux «de nombreuses fois» («des amours de jeunes gens»), il n’aime pas prendre l’avion, il attend que la glycine blanche de sa terrasse soit en fleurs et, «comme toutes les familles», la sienne a connu des conflits.

Ce lundi, c’est un Albert II très à l’aise qui a fait son entrée dans le club des octogénaires avec son «témoignage pour l’Histoire», annoncé à grand fracas par RTL-TVi. Pour cette première tranche d’entretien face à Pascal Vrebos, Albert II n’a en effet pas découvert la couronne. Les anecdotes ne sont pas toujours passionnantes mais l’homme est attendrissant, si loin du protocole Une image de papy certes émotif mais mentalement solide. Et rassurant.

1. L’enfant

Privé de maman, il se souvient de la tendresse de sa grand-mère. «Elle me lisait des contes allemands qu’elle traduisait». Notamment une histoire de bourdon, qu’il écoutait sur fond de concerto en ré majeur de Beethoven. Souvenirs des premiers bombardements: «J’entendais “bim, boum”, je croyais que c’était l’orage. C’était la guerre.» Avec Baudouin, ils avaient un truc pour savoir quand il fallait commencer à détaler: «Les oiseaux entendaient les avions avant que la sirène retentisse. Ils donnaient l’alerte.»

2. L’adolescent

Une belle-mère, «c’est une présence féminine». L’enfant a apprécié. L’ado, un peu moins. «Au fur et à mesure, on a des difficultés à accepter l’autorité d’une personne qui n’est pas vraiment votre mère. Il y a eu des conflits parfois. Comme dans toutes les familles». «On était des garçons disciplinés, au fond. Et puis, on ne savait pas où aller quand on faisait le mur», sourit le roi.

3. Le jeune homme

L’abdication de Léopold III, son père: «J’avais 16 ans. Mon frère 20. Nous n’étions plus des petits enfants. On suivait ça de très près. Sans le Régent, qui aurait été là pour remplacer le roi? Il a bien fait son job. Absolument.» «Mon premier discours (aux États-Unis), ça a été une catastrophe. Je n’ai pas su quoi dire: un flop complet…»

4. Paola

Dans les premiers plans de l’entretien, il a la main posée sur son genou. «Moi j’ai toujours besoin de sa présence. Terriblement. Mais mon épouse est extrêmement active.» Il dit en riant qu’il a cessé de «discuter» avec elle. Elle a toujours raison. Point. «Sauf pour les voitures!». Elle l’interrompt souvent. Il évoque leur première rencontre. «Adorable créature… Celle-là, j’aimerais bien la revoir.» Il l’a revue. «Je n’aurais pas accepté de devenir roi célibataire. Il fallait qu’on soit un couple.» Surprise de Paola. «Ça, je ne savais pas»…

5. Les crises

Albert et Paola, au bord du divorce. Et puis réconciliés, par raison dans un premier temps. «Finalement, nous étions à deux contre nos avocats», résume Albert. «On s’est dit que la jeune princesse allait peut-être quitter la Belgique. Il fallait que les enfants restent en Belgique. D’autant que mon frère n’avait pas d’enfants. Et ça, je n’ai pas accepté.» «On n’avait pas fait notre adolescence. Finalement, on a découvert qu’on était faits l’un pour l’autre», glisse Paola.

6. La mort du frère

On avait déjà vu cet extrait passer en boucle ce week-end. Le coup de fil à Fabiola après avoir appris le malaise du roi, l’annonce brutale de sa mort («Baudouin, mais il est au ciel!»), la pression de Jean-Luc Dehaene («Il était tout le temps derrière moi, “et alors, et alors et alors…?”»), la certitude de Fabiola que Baudouin voulait que son frère lui succède, la prestation de serment. Pas prêt. «Il y avait toute une série de ministres et de problèmes politiques que je ne connaissais pas», admet-il.

La suite ce soir. Pour rappel, Albert II a accordé une deuxième interview, en néerlandais, à la chaîne de télévision privée flamande VTM, sans avoir consulté le Palais royal, tout comme il l’avait fait pour celle-ci.

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