Un diacre accusé d’euthanasies

Un diacre accusé d’euthanasies: l’évêque Jozef De Kesel dit en être resté «sans voix». BELGA

Un diacre de Wevelgem est accusé d’avoir euthanasié une dizaine de patients de l’hôpital de Menin. L’Évêché est sous le choc.

«Euthanasie et diacre: ce sont deux mots qui ne devraient pas se retrouver dans la même phrase», a réagi le diocèse de Bruges après qu’un diacre de Wevelgem, âgé de 57 ans, ait été emprisonné pour pratique d’euthanasie active illégale sur une dizaine de personnes, à l’Hôpital du Sacré-Coeur de Menin. Les faits remonteraient à plus de dix ans, entre le début des années 80 et 2011, date à laquelle l’homme a cessé sa collaboration avec l’hôpital pour se consacrer pleinement à son poste de diacre de Wevelgem.

L’hôpital, averti de l’arrestation de son ancien employé qui travaillait jusqu’en 2002 comme infirmier, a annoncé sa pleine coopération à l’enquête judiciaire et a lui-même ouvert une enquête interne.

Le diacre, âgé de 57 ans, est détenu depuis la semaine dernière à la prison de Ypres. La chambre du conseil a prolongé son mandat d’arrêt lundi.

Par compassion

Le parquet de Courtrai a inculpé le diacre pour assassinat, mais n’a pas pu indiquer le nombre exact de victimes et n’a pas divulgué l’identité de celles-ci. Il a toutefois souligné qu’il s’agissait d’un dossier important «mais beaucoup de points d’interrogation subsistent», selon l’avocat du prévenu, Filip De Reus. «Le nombre de victimes et le lieu où les faits sont survenus ne sont pas clairs».

Le diacre de Wevelgem «a agi par compassion pour des gens qui étaient dans une situation désespérée», a indiqué l’avocat. «Mon client est submergé par ses émotions, mais il est également conscient qu’il ne pouvait plus supporter de garder ce secret plus longtemps. Les faits ont été révélés par des tiers», a expliqué M. De Reus.

L’évêque sans voix

«La nouvelle inattendue concernant le comportement d’un diacre de notre évêché nous laisse sans voix», peut-on lire en ouverture du communiqué publié par l’évêque de Bruges Jozef De Kesel. «Les faits dont il est accusé, nous ne pouvons que les condamner et les regretter.» Et l’évêché de présenter ses condoléances aux victimes.

L’évêque indique encore offrir son entière collaboration à l’enquête judiciaire, dans l’espoir que «toute la vérité» soit mise au jour. «Cette triste nouvelle provoque désillusion et désarroi dans la communauté ecclésiale. Nous prions pour tous ceux qui sont touchés par ces tristes événements», conclut l’évêque.