Du progrès contre le cancer

La lutte contre le cancer ne cesse de progresser. Comme pour celui de la prostate. Reporters / BSIP

Des résultats sur le cancer de la prostate et le succès des immunothérapies. Il y a de bonnes nouvelles pour les oncologues et leurs patients.

le congrès de la Société américaine de cancérologie (Asco) a réuni cette semaine 30 000 oncologues, qui ont ramené quelques bonnes nouvelles à leurs patients.

Le cancer de la prostate

Quand un cancer de la prostate est détecté précocement, le malade est opéré. Dans le cas d’un cancer tardif, jusqu’à maintenant, on alternait hormonothérapie et chimiothérapie. «Les cellules cancéreuses ont besoin d’hormones pour se multiplier. L’hormonothérapie est une castration, une castration réelle ou chimique

Une étude menée auprès de 790 hommes qui venaient d’être diagnostiqués d’un cancer métastasé montre que le pronostic de survie est allongé de 13 mois si la chimiothérapie et l’hormonothérapie sont pratiquées en même temps. « Treize mois, cela peut sembler ridicule, reconnaît le docteur Frédéric Forget, oncologue à Libramont. Mais en oncologie, c’est un très bon résultat. Il s’agit d’une moyenne.»

L’oncologue belge est également optimiste à propos des résultats d’études sur le cancer de l’ovaire. «Ce cancer est souvent découvert au stade de cancer généralisé. Un nouveau médicament, Lurbinectidine, montre une réelle efficacité

L’immunothérapie contre le mélanome

L’immunothérapie se met au service des malades des malades du cancer depuis plusieurs années. Pas via les vaccins, qui n’ont jamais montré de bénéfice clinique, selon le docteur Forget.

Ici, les agents du progrès s’appellent PDL1 et PD1. Comment fonctionnent-ils? «Depuis la naissance, votre corps est capable de reconnaître les cellules qui le constituent et celles qui lui sont extérieures… sauf si votre système de reconnaissance se dérègle et que vous souffrez d’une maladie auto-immune. L’antigène permet de reconnaître si la cellule est un virus ou si elle vous appartient. Le virus n’est pas présent depuis longtemps, votre corps le repère et le détruit. S’il tombe sur une cellule présente depuis longtemps, il réprime l’attaque… Or, les cellules cancéreuses restent là longtemps…»

Grâce aux PDL1 et PD1, le système immunitaire s’attaque aux cellules cancéreuses. Résultat, alors qu’un mélanome métastatique aboutissait sur 100% de mortalité, le taux est tombé à 60%, soit 40% de survie à long terme. «On voit aussi de bons résultats sur d’autres cancers, dit Frédéric Forget : le cancer du rein, de la vessie, du poumon. » Malheureusement, l’immunothérapie a des effets secondaires, et notamment chez le malade l’apparition de maladies auto-immunes comme la maladie de Crohn, l’hépatite, et des problèmes endocriniens comme l’hypothyroïdie.