ENVIRONNEMENT -

Les « aspirateurs » pour nettoyer les océans, ça marche !

Après avoir rêvé de nettoyer les océans de leurs «continents plastiques», le jeune Boyan Slat et son équipe sont parvenus à concevoir un système qui a été testé en situation réelle et fonctionne. Il vient d’être présenté à New York et attend un financement.

C’est l’obsession de Boyan Slat: débarrasser les océans des millions de tonnes de déchets plastiques qui les polluent, y détruisent la faune et ont aussi des répercussions sur les réserves halieutiques et la santé humaine.

Des déchets qui s’agglutinent au gré des courants marins pour former de véritables «continents plastiques».

Le plus important d’entre eux – il y en a cinq sur la planète – s’étend sur 3,4 millions de km2 (6 fois la France!) au nord-est de l’océan pacifique entre les côtes de Hawaï et d’Amérique du nord.

Ces continents plastiques ne cessent de croître et ont multiplié leur concentration par 100 en 40 ans…

Pourtant âgé de seulement 19 ans, Boyan Slat travaille pourtant depuis deux ans déjà à une solution pour nettoyer cette soupe imbuvable.

L’idée des bateaux ratisseurs abandonnée

Après avoir envisagé une solution avec des bateaux tractant d’immenses filets pour ramasser les déchets sur toutes les mers du monde, il a dû faire machine arrière. Irréalisable ou du moins irréaliste en terme de coût énergétique et même d’un point de vue écologique (dégâts sur la faune, émissions carbone,…).

Plutôt obstiné, le jeune néerlandais a remis l’ouvrage sur le métier et a même interrompu ses études d’ingénierie aéronautique à l’université technologique de Delft pour se concentrer à fond sur son objectif de nettoyeur d’océans. Et parfaire un premier projet de plateformes qu’il avait présenté à Delft fin 2012 (vidéo) mais qu’il a depuis encore perfectionné.

Un test grandeur nature concluant et présenté mardi à New York

Mardi à New York, Boyan Slat a présenté un projet complètement abouti, testé en situation réelle (à découvrir dans cette vidéo) et qui a fait l’objet d’un dossier technique et d’un rapport de faisabilité. Un dossier de plus de 500 pages qui est consultable sur le site de sa fondation The Ocean Cleanup.

Le processus développé et testé avec succès a donc mis de côté les bateaux ratisseurs et même les plateformes initialement imaginées.

Éliminer un continent plastique en cinq ans

La technologie développée s’apparente à de larges entonnoirs réalisés avec de larges cylindres flottant qui sont stratégiquement installés aux endroits où les courants marins et les vents concentrent les déchets. Des barrières solides placées sous ces cylindres les aiguillent alors vers des colonnes flottantes qui servent de poubelles mais permettent aux poissons, cétacés et au plancton de ne pas s’y faire piéger.

En vidant ces «poubelles» tous les mois et demi, Boyan Slat estime qu’il est possible d’éliminer un continent plastique en cinq années.

Reste à trouver l’argent pour réaliser ce qui paraissait encore il y a moins de cinq ans une utopie. Mais qui a su convaincre de nombreux techniciens et scientifiques qui soutiennent le jeune inventeur écolo dans ce projet. Notamment Jan de Sonneville, un docteur en biochimie de l’université de Leiden qui s’occupe à temps plein du développement de ces aspirateurs des océans.

Depuis la présentation du projet il y a moins de 48 heures à New York, l’appel au crowdfunding (un financement participatif) a déjà récolté plus de 25 000 dollars. Il en faudrait deux millions pour financer un premier «aspirateur» que Boyan Slat a prévu d’installer dans l’océan pacifique, au large d’Hawaï et San Francisco, lieu du plus grand continent plastique qui pourrait commencer à être «aspiré» dès 2020.