Éric Deflandre : « Belgique - Pays-Bas : Mon match référence »

La Coupe du monde 1998 des Diables rouges avait à peine débuté depuis huit minutes face aux Pays-Bas, qu’Éric Deflandre allait profiter des «malheurs» de Bertrand Crasson au back droit.

«Le début de match ne se passait pas trop bien pour nous et, en particulier, pour Bertrand, se souvient le défenseur alors toujours actif au FC Bruges. Marc Overmars le mettait en difficulté par sa vitesse et ses déplacements. Tout venait de ce flanc-là. Si bien qu’à la huitième minute, Georges Leekens me disait déjà d’aller m’échauffer. Il sentait le pépin arriver…» Éric Deflandre allait saisir sa chance à la 22e minute et ne plus quitter l’équipe-type. «Alors que je m’échauffais, j’étais impressionné par ce Stade de France tout en orange avec ses milliers de supporters hollandais. Mais j’ai très bien géré la suite. Dès que je suis entré au jeu, j’ai joué très agressivement sur Overmars pour lui montrer que je ne me laisserais pas faire. Cela m’a d’ailleurs valu une carte jaune très tôt dans la partie. Je pense avoir remporté tous les duels en homme contre homme et, en plus, j’ai sauvé deux ballons sur la ligne de but. Cela restera mon match référence avec les Diables rouges. Il a lancé ma carrière internationale.»

Le retour à l’hôtel du Golf du Gouverneur à Lyon aurait pu être délicat, avec un Bertrand Crasson pour compagnon de chambrée. «Je n’arrêtais pas de recevoir des coups de fil de félicitations. À côté de moi, Bertrand était dépité. Il savait que son tournoi était fini, mais il a accepté la situation et n’a jamais cessé de m’encourager. Je n’ai que du positif à dire de lui.»

Éric Deflandre reviendra de cette Coupe du monde française avec un gros sentiment de déception. «Être éliminé sans avoir perdu une rencontre, ça faisait mal, même si ma cote personnelle avait été bonne avec encore un excellent match face au Mexique. Cela a poussé le FC Bruges à me faire resigner pour cinq saisons.» Deux ans plus tard, Éric Deflandre retrouvait… Lyon en devenant joueur de l’Olympique.

Extrait du livre «Diables d’hommes» (Editions Mardaga)