À deux pas des plages du Débarquement existe une autre Normandie. Là-bas, tout est ciel, nature et vent. Comme un bout de Bretagne ou d’Irlande sauvage au parfum de fin du monde. Un paradis pour les amoureux de la nature.

Juste au-delà des plages du Débarquement existe un monde perdu et sauvage: la Hague. Si vos pas vous mènent jusqu’à Cherbourg, n’hésitez pas. Prenez la Route des Caps et découvrez ce bout de terre qui a des airs de Bretagne et d’Irlande et où le vent règne en maître.

La Hague c’est d’abord le royaume des promeneurs. «Napoléon avait fait tracer, le long du littoral européen, des chemins d’où les douaniers surveillaient les côtes.» Cyrille Forafo est guide, membre de l’association Exspen qui propose, entre autres, des promenades guidées le long du sentier des douaniers de la Hague. Dans ses pas, nous suivons la plus jolie partie de ce que l’on appelle aussi, ici, le sentier du littoral. Celle qui relie les falaises du Nez de Jobourg à Goury, petite localité typique au Cap de la Hague. Le Nez de Jobourg avec ses 128 mètres est une des plus hautes falaises d’Europe. Par temps clair on a une vue imprenable sur les îles anglo-normandes. Le sentier propose au fil de la balade des points de vue surprenant sur la côte déchiquetée. «On retrouve aussi des vestiges de maisons de pêcheurs et d’abris de douaniers, continue Cyrille Forafo, les maisons de pêcheurs s’ouvrent toujours du côté des terres, pour être dos au vent alors que les douaniers font face à la côte naturellement.»

Cette portion du sentier du littoral aboutit à Goury. Au loin se dresse le phare de la Hague. L’écume blanche qui traverse la mer, c’est le Raz Blanchard, un courant marin extrêmement puissant et dangereux. Côté terre les prairies sont traversées de petits murets de pierre et donne à l’endroit des airs d’Irlande.

Des parcs et des jardins

Sites moins naturels mais qui invitent aussi à la promenade, la Hague recèle quelques beaux jardins apprivoisés… Juste après Cherbourg le parc du château de Nacqueville entoure une demeure qui a autrefois appartenu au frère d’Alexis de Tocqueville. Depuis la fin du XIXe siècle, il est occupé par la même famille dont les descendants entretiennent les lieux. Un parc où la propriétaire, Florence d’Harcourt aime tenter quelques expériences exotiques. «Si elle pousse et se développe, c’est que l’endroit convient à la plante», constate-t-elle avec un sourire. L’endroit est paradisiaque avec la mer en toile de fond, la rivière et ses cascades, sa pièce d’eau et naturellement son château (qui ne se visite pas).

Beaucoup plus exotique encore, le jardin botanique du château de Vauville vaut le déplacement. Créé en 1947, sans cesse agrandi, il abrite actuellement plus de 500 espèces de l’hémisphère sud. Les chambres de verdure se succèdent et en font un lieu idéal pour une promenade avec des enfants. S’il n’y avait au cœur du domaine un vieux château normand, on pourrait se croire dans une forêt subtropicale. Étonnant. Et Vauville comme Nacqueville, c’est aussi une affaire de famille: les Pellerin. Guillaume, l’actuel propriétaire et sa femme Cléophée de Turckheim – sœur de Charlotte – veillent sur les lieux.

Et s’il pleut?

Et oui, dans la Hague, il peut pleuvoir. On peut même avoir, comme le disent les habitants, les quatre saisons en une journée. Pourquoi ne pas planifier une visite à la maison de Prévert (voir ci-contre) ou à celle de Jean-François Millet à Gréville. Sans oublier toute proche la Cité de la mer à Cherbourg.

Un autre bon plan avec des enfants, la visite didactique d’une cidrerie (comme celle de Théo Capelle à Sotteville) ou celle assez féerique de la Maison du biscuit à Sortosville.

Enfin, les sportifs sont également à la fête dans une région particulièrement accueillante aux chevaux, aux vélos mais aussi aux voiliers ou aux parapentes. Le vent a aussi du bon!

www.nacqueville.com et www.jardin-vauville.fr

www.exspen.com