Les Decoster se passionnent pour les orchidées et aiment les faire connaître. Ils vous donnent rendez-vous.

Christine et Luc Decoster sont passionnés d’orchidées. Dans la serre de la maison familiale à Rebecq, plusieurs centaines de ces herbacées tropicales fleurissent tour à tour. Elles s’épanouissent là sous verre et toile d’ombrage, dans une douce lumière et sous une température adaptée à leurs exigences particulières. Amoureuses de l’ombre des forêts profondes, ces orchidées tropicales sont épiphytes et vivent le plus souvent sur une branche d’arbre en milieu naturel. Leurs tiges, épaissies à leur base en pseudo-bulbes, se complètent de racines et radicelles capables de capter l’humidité ambiante. Parfois d’aspect minable, certaines orchidées se magnifient dès qu’apparaissent leurs fleurs aux couleurs très souvent surprenantes. Mais leur feuillage est parfois lui aussi digne d’intérêt, sans parler de leur parfum qui souvent ne se dégage qu’à certaines heures pour attirer les insectes.

« On possède deux brumisateurs qui se mettent automatiquement en route dès que l’atmosphère de la serre devient trop sèche », explique Luc Decoster. Vice-président du club des orchidophiles wallons, il n’a cessé d’accroître sa collection avec la complicité de son épouse. Parmi une vingtaine de variétés, quelque 600 sujets sont ici suspendus ou accrochés. Pour faire simple, il nous explique que les phalaenopsis apprécient les conditions de vie semblables aux nôtres toute l’année durant: eau tiède et lumière, sans excès de nourriture. Tandis que les dendrobium ont besoin de moins d’arrosage et d’engrais dès l’automne. Ensuite, on les oublie deux mois durant en se contentant de brumisation; la floraison suit alors. Leur point commun: elles sont économes en ressources. Et si on les nourrit trop, elles font des bébés plutôt que des fleurs.

Comme des vivaces au jardin

« On en possède aussi quelques spécimens au jardin. Il s’agit d’orchidées terrestres comme celles que l’on trouve dans toute l’Europe. Certaines apprécient le calcaire et elles se cultivent comme des vivaces » , témoigne Christine Decoster en dévoilant une bletilla striata prête à fleurir dans son substrat allégé à deux pas de la mare aux koïs.

Généralement, les orchidées terrestres se multiplient davantage par leurs rhizomes que par dispersion des graines. Leurs semences sont si petites qu’elles ne possèdent pas les réserves nutritives suffisantes pour engendrer la germination. Le plus dur est de les installer, mais une fois en place dans un parterre allégé, elles peuvent coloniser l’endroit grâce à la fécondation par les insectes. Le sol ne doit jamais être trop sec autour de vos orchidées de jardin: maintenez toujours une humidité régulière. Mais gare aux limaces qui viennent dévorer leur collet!

« On les fait plutôt pousser en hauteur, dans un bac dans un substrat granuleux. L’hiver, la plante disparaît complètement; seules des tiges séchées peuvent subsister », poursuit la passionnée qui a acquis cette fleur comme plante de bassin. Ici, bletilla striata tient compagnie à des plantes carnivores. Cette orchidée terrestre (photo ci-contre) apprécie la mi-ombre et les sols humifères frais. Des tiges grêles portant les fleurs, rose pourpre, disposées en épis lâches, surgissent au milieu de ses feuilles lancéolées et plissées. Elle peut fleurir un mois et plus. C’est le bon moment (lire ci-contre).

Un des secrets des amateurs d’orchidées est la culture de sphaigne; un type particulier de mousse qui se dégrade lentement et garde l’humidité. «Nous en cultivons nous-même sur de la tourbe blonde, histoire d’éviter tout prélèvement dans la nature. C’est le substrat miracle pour requinquer une orchidée malade. » La sphaigne joue le rôle d’éponge et permet la diffusion des minéraux vitaux à la plante. Mais attention, lors du rempotage, la sphaigne devra être coupée finement de façon à bien la mélanger au substrat. On évite de gros agglomérats de sphaigne qui se gorgeraient d’eau au moment de l’arrosage et pourraient faire pourrir les racines de l’orchidée.

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Elles dorment l’hiver et se réveillent au printemps
Toutes les orchidées ne proviennent pas de pays tropicaux; certaines sont très bien adaptées à notre climat. Citons les bletilla, dactylorhiza, epipactis, pogonia et spiranthes.
L’orchidée jacinthe (bletilla) requiert un sol léger, riche, aéré, et surtout, bien drainé. L’eau stagnante est un ennemi redoutable, qui plus est en hiver. Dans un terrain trop argileux ou trop compact, afin de planter vos bletilla, creusez un trou d’environ 40 cm et mettez une bonne couche de drainage au fond (cailloux fins ou pierre de lave) et remplissez avec du terreau.

Exposition

Les 29, 30 et 31 mai, cette exposition d’orchidées aura lieu à Nivelles (de 10hà 18 h), dans les bâtiments rénovés d’une vieille ferme brabançonne, témoin architectural de l’histoire et du patrimoine. Le club des orchidophiles wallons et d’autres clubs belges présenteront des plantes fleuries issues de la culture de leurs membres.

Des mini-orchidées seront exposées dans un terrarium, des décors éphémères serviront d’écrin à des milliers d’orchidées aux formes et aux couleurs à la fois particulières et admirables. Des producteurs viendront des 4 coins du monde pour exposer et proposer à la vente des orchidées cultivées dans leurs pays: Brésil, Équateur, Taïwan, Allemagne, Pays-Bas, France, Belgique. Des artisans montreront leur savoir-faire sur le thème de l’«orchidée»: bijoux, porcelaine, vanille, poterie en ardoise, démonstrations d’art floral… Un stand de rempotage donnera la clé pour faciliter la culture des orchidées à domicile.

Avec une toute petite «main verte», les visiteurs apprendront à cultiver un phalaenopsis, un cambria ou un vanda chez eux. Ils pourront poser des questions sur la culture et le rempotage des orchidées, le matériel à utiliser, les maladies, les indésirables… et ce, durant toute la durée de l’exposition. Des conférences simples sur les soins à apporter aux orchidées vendues dans le commerce seront proposées gratuitement à tous les visiteurs.

Un jury, composé d’un juge qualifié et d’amateurs sélectionnés parmi les plus érudits, décernera des prix aux plus belles orchidées botaniques et hybrides, aux orchidées miniatures et aux plus beaux ensembles floraux réalisés par les clubs et les producteurs participant à l’exposition. Cette année, deux prix particuliers seront décernés, car en 2013, le club a perdu deux membres illustres pour la qualité de leur culture. Mario Galimberti était un passionné de cattleya: le plus beau cattleya de l’exposition aura donc un prix en sa mémoire. Guy Spelkens était un passionné de paphiopedilum (sabot-de-vénus): le plus beau paphiopedilum exposé sera récompensé du prix portant son nom.

Ferme de l’Hostellerie, Chaussée de Bruxelles, 95 à 1400 Nivelles (E19, sortie 18).

Entrée: 8 / 6 € - Un bon de réduction de 2 € sur le prix plein d’entrée à l’exposition est téléchargeable sur le site www.orchidays.be

Tél. 0494/429 669