JUDICIAIRE

Tueurs du Brabant: des doutes sur la possibilité de confondre le suspect

Tueurs du Brabant: des doutes sur la possibilité de confondre le suspect

En 1997, Jean-Marie Tinck avait été reconnu par trois personnes suite à la diffusion de portraits-robots. BELGA

Selon nos sources, Jean-Marie Tinck, le suspect arrêté dans le cadre de l’enquête sur les tueries, pourrait être relâché avant la fin de l’été.

Deux jours après l’annonce de l’arrestation d’un suspect dans le dossier des Tueries du Brabant, le sentiment qui prévaut serait, selon nos sources, très mitigé. À tel point que l’homme pourrait être remis en liberté assez vite, peut-être même d’ici la fin de l’été. En cause, un manque d’éléments probants et un profil qui pose question. Le point…

1. Qui est le suspect?

Nous vous révélions son nom dans notre dossier spécial de samedi: le suspect, qui nie toute implication, s’appelle Jean-Marie Tinck. Un homme connu de la Justice. D’abord parce qu’il avait été condamné, début nonante, à plusieurs années de prison pour un meurtre commis dans un bistrot d’Uccle. Une bagarre de poivrots sur fond de racisme. Pris de remords, il était allé se dénoncer aux policiers alors que, selon nos sources, il n’avait pas été identifié.

Mais si Jean-Marie Tinck est connu, c’est surtout parce qu’il a déjà été inquiété dans le dossier des Tueries. En 1997, il avait été reconnu par trois personnes suite à la diffusion d’une série de portraits robots. Problème: comme l’ont expliqué les procureurs vendredi, deux d’entre elles sont aujourd’hui décédées, ce qui rend une éventuelle identification très incertaine. Sans compter les années qui ont passé.

Par ailleurs, les analyses ADN de l’époque n’avaient pas confirmé les suspicions.

2. ADN sur un gilet pare-balles

Toujours selon nos sources, Jean-Marie Tinck serait également connu dans le cadre d’une autre affaire: celle portant sur les gilets pare-balles volés à Tamise en septembre 1983, une semaine avant l’attaque sanglante du Colruyt de Nivelles (3 morts). Des traces de son ADN auraient été retrouvées sur un des gilets.

À l’époque, on ne semble pourtant pas avoir mesuré l’importance de cette concordance; ainsi, d’après nos infos, l’intéressé n’aurait pas fait l’objet d’une surveillance particulière, ni d’écoutes et n’aurait au final pas été inquiété. Il est vrai, nous dit-on, qu’il avait accepté les prélèvements sans réticence.

3. Comptes en banque

Vendredi, les procureurs expliquaient que les enquêteurs étaient en train de tenter de tracer le réseau relationnel de Jean-Marie Tinck, pour voir s’il y avait des liens éventuels avec d’autres personnes figurant au dossier.

Selon nos sources, une autre partie de l’enquête serait, pour l’heure, consacrée à l’analyse du ou des comptes en banque du suspect. L’espoir? Y découvrir la trace d’un éventuel paiement important pour «service rendu ».

4. La piste de l’extrême droite

Dans notre dossier spécial de samedi, nous relations que c’était peut-être la piste de l’extrême droite qui était suivie par les enquêteurs. Selon nos sources, Jean-Marie Tinck serait néanmoins inconnu au bataillon de l’extrême droite. Ou, du moins, il n’en a pas été une des figures de proue.

5. Analyse psychologique

Enfin, le fait que les procureurs aient indiqué qu’une analyse psychologique de Jean-Marie Tinck avait été commandée en dit long sur le degré d’incertitude auquel sont confrontés les enquêteurs. Pour rappel, c’est en début d’année qu’ils ont récolté le témoignage d’un citoyen français affirmant avoir reçu les confidences du suspect.

Ce dernier se vantait un peu partout d’avoir participé aux tueries. Et si ce n’était que les déclarations d’un mythomane?

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