Lili fait de la Résistance

Dans cette mini-série, Pauline Burlet côtoie Richard Berry mais aussi Fanny Ardant et Isabelle Nanty. TF1

Pour les 70 ans du débarquement, TF1 a misé sur une mini-série évoquant la résistance. La Belge Pauline Burlet en assure le premier rôle.

Au scénario: Dan Franck. Le romancier qui a déjà œuvré à la télévision pour Les hommes de l’ombre porte le projet depuis 2006.

«Alain Goldman voulait faire une série autour de la résistance des jeunes, ça a été plusieurs fois commencé puis abandonné et là TF1 nous a demandé d’aller vite, ça a été sportif».

L’urgence, c’est l’accumulation de commémorations prévues en 2014 qui l’a créée: «TF1 s’est dit qu’il ne pouvait pas ne pas être présent sur cet événement-là», résume Isabelle Degeorges, productrice chez Gaumont TV. La société de production a également décidé d’investir de manière inédite pour que le projet puisse voir le jour: «Nous voulions montrer la volonté de la société d’être sur des projets ambitieux. Il y a 100 décors, 200 sous-décors, 1 500 figurants. Un figurant sur un film en costume c’est une présence deux jours avant pour l’essayage, la veille pour trouver la coiffure et pour chaque décor c’est minimum une semaine de travail pour remettre en état «années 40» c’est colossal».

Un angle inédit

«J’ai vu des jeunes Résistants comme Serge Ravanel et je trouvais que l’idée de raconter la Résistance par le biais de la jeunesse, avec des comédiens de l’âge de leurs personnages était quelque chose de très nouveau et de très intéressant, développe Dan Franck, passionné par la période. Cette question de l’engagement est essentielle pour moi. Je voulais aussi rendre hommage aux gens du Musée de l’Homme, ils ont créé un des premiers réseaux d’intellectuels et d’artistes un peu organisé dans les villes.»

Pour autant, pour l’auteur entre autres d’un roman et d’un film engagés sur Jean Moulin, «pas question de faire une série politique. J’ai choisi tous les personnages de manière très subjective, je voulais surtout raconter des histoires.»

Tournage mouvementé

Dans la série, des personnages réels comme Bertie Albercht, Jean Frydman ou le colonel Fabien croisent des êtres purement fictionnels telle l’héroïne, Lili Franchet, dont le prénom rappelle celui de la fille de Dan Franck et le nom fait référence au passé de résistance de son grand-père.

Pour l’interpréter, Alain Goldman a choisi l’actrice belge Pauline Burlet qu’il avait déjà croisée sur les plateaux de La Môme.«Je me retrouvais complètement dans le personnage de Lili, c’était une battante, elle était courageuse et ça m’a parlé», raconte la Montoise. L’histoire de la Résistance, elle l’a principalement découverte lors du tournage. «L’histoire française est différente de l’histoire belge donc je n’étais pas au courant de tous les grands épisodes, j’ai beaucoup appris sur le vif, en vivant les choses», relate la jeune actrice qui, comme l’ensemble du casting pointe des conditions de tournage particulièrement rudes: «À l’école on n’apprend pas la difficulté, la faim, le froid, la peur, on n’a pas les vraies conditions. Là, on les a eues. Je ne compare pas les époques mais on a tourné en hiver, dehors ou dans des endroits mal chauffés, on mangeait mal, ils venaient me chercher à 6 h, je repartais à 21 h, il y avait encore une heure de route jusqu’à Paris. Comme ça pendant 64 jours, c’était très physique… et inspirant.»

Le résultat à l’écran: une jolie prestation dans une série documentée qui fait la part belle à la sublimation.

TF1, 20.55