FOOTBALL

Léo Van der Elst : « J’espérais ne pas devoir tirer mon penalty »

Léo Van der Elst : « J’espérais ne pas devoir tirer mon penalty »

Léo Van der Elst propulse la Belgique en demi-finale de la Coupe du monde! Reporters

Pour sa seule participation à une Coupe du monde, Léo Van der Elst n’a pas eu beaucoup droit au chapitre au Mexique. «Mais quel souvenir!

On m’en reparle quasi tous les jours», confie l’ancien médian du FC Bruges. Avant de vivre une mi-temps de la petite finale contre la France, il n’avait eu droit qu’à 8 petites minutes à peine dans la prolongation face à l’URSS et à 15 autres dans celles menant à la mémorable séance des tirs au but contre l’Espagne en quart de finale. «J’avais vu que Guy Thijs n’avait qu’un nom sur sa feuille: celui de Nico Claesen. Je me suis alors porté volontaire à condition d’être le cinquième tireur. J’espérais que Jean-Marie Pfaff en arrête deux ou trois pour m’éviter de me présenter face à Zubizarreta.»

Espoir déçu… Pfaff stoppera tout de même un tir espagnol, laissant à Léo Van der Elst l’opportunité de forcer la porte des demi-finales. «Au FC Bruges, j’étais le joueur désigné pour tirer les penalties. J’avais l’habitude de choisir un coin. Mais face à l’Espagne, mon stress et la pression étaient tels que j’ai décidé de ne pas réfléchir et de tirer en force tout droit devant moi. Quand j’ai vu le ballon au fond des filets, c’était l’extase, ma plus grosse émotion footballistique.»

Alors âgé de 32 ans, Hugo Broos faisait également partie des héros de Puebla, en ce 22 juin 1986. Et dans quel contexte! «Je revois encore Guy Thijs complètement perdu dans le rond central après les prolongations. Tous les anciens comme Éric Gerets et Jan Ceulemans s’étaient débinés. Ils avaient peur. J’ai alors proposé au coach de prendre mes responsabilités, mais il m’a répondu: “ Pas toi, quand même? ” Il faut dire qu’à part à l’entraînement ou en match amical, je n’avais jamais converti de penalty. Comme je l’avais prévu, Zubizarreta a choisi un côté juste avant que je shoote. Je n’avais rien à perdre, j’étais libéré.»

Extrait du livre «Diables d’hommes» (Éditions Mardaga)