POLITIQUE

L’extrême droite à l’assaut du Parlement européen

L’extrême droite à l’assaut du Parlement européen

Surfant sur la vague de l’eurosceptiscisme, les partis d’extrême droite et populistes espèrent entrer en force au Parlement européen.

L’extrême droite et les partis populistes ont le vent en poupe. Au soir du 25 mai, ils devraient arriver en force dans le Parlement européen. Selon les estimations, leurs élus pourraient représenter jusqu’à un tiers des 751 députés en comptant tous les eurosceptiques.

La vague antieuropéenne est forte. En France (FN crédité de 22% des voix), au Royaume-Uni (29% pour le UK Independence Party), au Danemark, en Finlande, aux Pays-Bas (18% pour le PVV), en Autriche, en Hongrie, en Italie avec le mouvement «Cinq étoiles» de Beppe Grillo (27,7%), les partis eurosceptiques et europhobes pourraient arriver en tête ou à la deuxième place.

Même en Allemagne, l’AfD (Alternative für Deutschland) qui demande l’abandon de l’euro, devrait obtenir des sièges et le parti néonazi NPD prétend lui aussi à un élu. En Grèce, le parti néonazi Aube dorée a été autorisé hier à participer aux européennes. Tous travaillent à détruire de l’intérieur «le monstre de Bruxelles».

Pour peser, ils devront constituer un groupe, ce qui nécessite 25 élus dans au moins sept pays. En novembre 2013 à Vienne, sept partis – le Front national français, le FPÖ autrichien, le PVV néerlandais, le Vlaams Belang, la Ligue du Nord italienne, le SNS slovaque et les Démocrates de Suède – se sont entendus pour constituer un groupe commun. Ils devront aussi s’entendre sur une ligne politique. Ce ne sera pas simple. Certains de ces partis sont souverainistes et nationalistes, d’autres sont régionalistes. Tous contestent l’UE telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, mais tous ne rejettent pas l’idée européenne dans son ensemble.

Avoir un groupe permettra à l’extrême droite de bénéficier de plus de moyens. Ils disposeront de subsides, de bureaux, de sièges dans les commissions et de temps de parole. Actuellement, l’Alliance européenne pour la liberté (AEL), la plateforme politique de ces sept partis, reçoit près de 400 000€ de subventions par an du Parlement européen. Avec un groupe, la dotation pourrait s’élever, selon le nombre d’élus, entre 1 et 3 millions d’euros.