Elections régionales 2014

Élections régionales 2014: tout ce qu'il faut savoir pour la province de Luxembourg

Élections régionales 2014: tout ce qu'il faut savoir pour la province de Luxembourg

Trois élections en une fois et inflation du nombre de listes au scrutin fédéral, le 25 mai prochain.. heymans

ARRONDISSEMENT DE LUXEMBOURG| Les enjeux des élections régionales, les têtes de liste, les questions qu'on se pose, les surprises envisageables: voici tout ce qu'il faut savoir avant d'aller voter aux élections régionales.

A l'occasion des élections du 25 mai 2014, les citoyens seront amenés à renouveler le parlement wallon. Celui-ci comprend 75 sièges, qui se répartissent en fonction des circonscriptions électorales. 

Pour le scrutin régional, les circonscriptions correspondent aux arrondissements administratifs de chaque province et le nombre de siège à pourvoir est proportionnel au nombre d'habitants. Les élus au parlement wallon siégeront de facto au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui comprend 94 membres: les 75 députés wallons et 19 élus francophones de Bruxelles. 

La particularité de la province de Luxembourg consiste à être divisée en deux circonscriptions (Arlon-Marche-Bastogne et Virton-Neufchâteau) pour lesquelles joue l’apparentement. Pour qu’un parti participe à la répartition des mandats, il doit impérativement obtenir un minimum de 22,2 % sur la circonscription d’Arlon-Marche-Bastogne.

Voici les principales informations concernant les élections régionales qu'il est utile de connaître avant de se rendre dans l'isoloir. Nous abordons ici les "principaux" partis, à savoir ceux qui disposent déjà d'élus au sein de l'assemblée wallonne ou qui pourraient raisonnablement décrocher des sièges le 25 mai.

Les têtes de liste

Philippe COURARD
PS- Hotton

Le secrétaire d’Etat PS n’est plus sur la même vague porteuse qui lui avait valu un triomphe en 2004. Depuis, il a sauvé les meubles en 2009 (-6,6 %, mais deux sièges) et a perdu le mayorat de Hotton.

Son bilan comme secrétaire d’Etat  est honorable, mais il n’a pas obtenu beaucoup de ce qu’il réclamait. Sa position n’est pas confortable.

Surtout qu'avec l'arrivé de Willy Borsus, c'est le PS de Philippe Courard qui se met à douter avec ses 24, 5 %. Le PTB-Go par ci, le Mouvement de Gauche par là, la perte du mayorat de Courard, voilà qui ne rassure pas vraiment les socialistes de la circonscription.

Willy BORSUS
MR - Somme-Leuze

Le bourgmestre de Somme-Leuze, à quelques km de Marche est arrivé de Namur comme le messie des libéraux luxembourgeois pour ceux-ci, et  comme  l’étranger en terre luxembourgeoise pour ses adversaires. Sans lui, les libéraux, en mal de ténors sur Arlon-Marche-Bastogne, avaient toutes les raisons de craindre à nouveau de manquer ce seuil et de rester à quai pour cinq nouvelles années. 

Il devrait permettre aux libéraux d’obtenir au moins un siège sur la circonscription, voire deux avec celui de Neufchâteau-Virton par apparentement. 

Josy ARENS
cdH- Attert

Député fédéral sortant, le bourgmestre d'Attert emmène pourtant la liste cdH  à la Région, puisque son président national Benoît Lutgen, initialement prévu comme tête de liste à la Région, tentera de défendre le deuxième siège cdH à la Chambre.  

Les Humanistes pourront compter sur la pécificité de la province, alors que le cdH se traîne en Wallonie, il pointait lors des dernières élections, tant régionales que fédérales, en tête des partis avec 29,5 % et plus de 32 % sur cette circonscription. Rien ne peut lui arriver. 

 

 

Nicolas STILMANT
Écolo- Fauvillers

Le seul bourgmestre écolo du Luxembourg sait qu’il n’a aucune chance d’atteindre le quorum. Pourtant près de 17 % des votants avaient choisi les Verts en 2009.

Ces derniers sont d’ailleurs à la base d’actions visant à supprimer l’apparentement. Ce à quoi s’oppose vigoureusement, on s’en doute, le cdH.

Les questions qu'on se pose

Deux circonscriptions, apparantement et les 22%, ça fonctionne comment?

Une seule ligne d’horizon pour le PS et le MR sur cette circonscription luxembourgeoise, obtenir le quorum des 22,2 % nécessaire pour participer à la dévolution des sièges sur… tout le Luxembourg. En fait, le Luxembourg compte deux circonscriptions, celle d’Arlon-Marche-Bastogne et celle de Neufchâteau-Virton pour un total de cinq sièges selon le principe de l’apparentement. Étant acquit qu’il est impossible pour un parti d’obtenir les 33 % nécessaires sur la petite circonscription (Neufchâteau-Virton), les partis doivent parvenir au seuil des 22,2 % sur l’autre. Sinon, c’est le zéro sur toute la ligne.

Exemple en 2009, lors des dernières élections, le MR n’avait pas obtenu ce quorum et les libéraux luxembourgeois se sont passés de députés wallons durant cinq ans, malgré un score total de 24,1 % sur l’ensemble du territoire provincial. Le cdH comptait trois députés et les socialistes deux. Quelques années plus tôt, en 1999, c’est le PS qui était resté enlisé dans l’ornière, n’atteignant pas le seuil des 22 %.

Où implanter le nouvel hôpital de référence ?

Quel sera le paysage hospitalier luxembourgeois en 2025 ? La direction de Vivalia, intercommunale unique des soins de santé du?Luxembourg dont le gestionnaire politique est la Province (alliance cdH-PS), a proposé un nouvel hôpital de référence de 600 lits situé dans le Centre-Sud (Molinfaing) et le maintien d’un hôpital régional à Marche. Conséquences directes : les hôpitaux d’Arlon, Bastogne et Libramont deviennent des polycliniques.

Le dossier est éminemment sensible chez les politiques, attachés au sous-régionalisme, et chez les médecins, eux-mêmes incapables de se mettre d’accord.

La résistance la plus dure est venue d’Arlon qui est descendu dans la rue pour maintenir son hôpital aigu. La nouvelle proposition de la direction générale de Vivalia de descendre l’hôpital de référence un peu plus bas dans la province n’a pas convaincu les conseils médicaux d’Arlon et de Libramont.?Le conseil d’administration de Vivalia a demandé un conseil des médecins unique pour la province. Les médecins d’Arlon et de Libramont refusent. Or l’accord unanime des médecins est une condition sine qua non.

Cela dit, si les politiciens semblent plus ou moins d’accord sur le principe des deux hôpitaux, la localisation du nouvel hôpital est sujet tabou en cette veille d’élection.