De Somanges à la Grèce

Après deux ex-amies d’enfance admirablement mises face à face il y a deux ans dans Les Séparées, la romancière française d’origine géorgienne confronte aujourd’hui une fratrie de deux frères et deux sœurs – dont des jumeaux – en vacances en Grèce où l’aîné s’est installé.

Ils prennent alternativement la parole, tournant autour d’un événement qui les a intimement marqués: la vente de la maison familiale de Somanges qui a accompagné leur enfance mais que leur mère, devenue veuve, ne pouvait plus assumer seule – et où, d’ailleurs, désormais mariés, parents, pris par leur travail, ils ne venaient plus qu’épisodiquement. Chacun fait le point sur sa vie en en profitant pour solder ses comptes avec ses parents. Saul, directeur de journal, offrant une Ferrari à son père, ancien ouvrier qui l’a pris au mieux comme une maladresse, au pire comme une injure. Ou Hélène en perpétuel conflit avec sa mère l’accablant de reproches. Ce roman à quatre voix ne raconte rien d’autre, finalement, que l’histoire d’une famille avec ses bonheurs, ses accrocs, ses rancœurs, ses violences rentrées et son secret inavouable. L’auteure le fait avec une parfaite maîtrise de l’écriture et des sentiments.

Kéthévane Davrichewy, «Quatre murs», 180 p., 18€.