Robert Waseige: «On voyait le staff brésilien et Scolari devenir fous»

Les Diables rouges n’avaient pas encore quitté le tarmac pour l’Asie en 2002, que l’annonce par Robert Waseige de son retrait dès après la Coupe du monde eut l’effet d’une bombe.

«Heureusement, les joueurs et le staff n’ont pas mal pris ma décision lorsque je la leur ai annoncée dans le car qui nous menait à l’aéroport. Ils ne m’ont pas applaudi, mais certains anciens sont venus m’encourager et me souhaiter le meilleur», confie le Liégeois qui allait atterrir au Standard après la joute mondiale. À partir de là, les relations entre le coach fédéral et la presse vont rapidement se détériorer. «C’était la chasse à l’homme. Vu les tensions permanentes avec la presse, Marc Wilmots et Gert Verheyen ont décidé, en cours de tournoi, de ne plus parler avec les médias. Et ce, sans que je les y invite. Cela nous a valu un jour une situation surprenante en conférence de presse quand, avec tout le staff, on s’est retrouvé face à un seul journaliste pendant que tous ses confrères nous boycottaient.»

La bonne tenue des Belges face au Brésil en huitième de finale aura le don d’apaiser un peu les relations entre le groupe et la presse. «Finalement, il fallut attendre le match contre le Brésil (défaite 0-2) pour que tout le monde s’accorde sur notre bonne prestation. De notre banc, on voyait le staff brésilien et Scolari devenir fous au fil des minutes. Ça gueulait! Étonnamment, les Brésiliens ont pris une allure humaine ce match-là. Et ils nous ont félicités avec beaucoup d’humilité.» Et Robert Waseige de revenir sur le tournant du match: l’annulation du but de Marc Wilmots à la 35e minute. «Pour moi, il n’y avait absolument pas faute. Malheureusement, l’avenir d’une équipe peut dépendre d’une décision dégueulasse comme celle-là. Cela faisait mal, très mal. Mais au moins, nous avions l’intime conviction d’avoir tenu tête aux futurs et multiples champions du monde.»

Extrait du livre «Diables d’hommes» (Edition Mardaga)