SANTÉ

Ploom, la réplique de l’industrie du tabac à l’e-cigarette

Ploom, la réplique de l’industrie du tabac à l’e-cigarette

Les recharges sont vendues dans des paquets similaires à ceux des cigarettes classiques.

face à la cigarette électronique, l’industrie du tabac contre-attaque en proposant son propre appareil. Mais avec des capsules qui contiennent tabac et nicotine pour rester accroc…

Même si ces effets à long terme sur la santé restent contestés, la cigarette électronique est majoritairement utilisée par des personnes décidées à décrocher progressivement de leur addiction au tabac.

L’e-cigarette connaît d’ailleurs un succès tellement important que l’industrie du tabac a décidé de le contrer en proposant sa propre cigarette électronique.

À la différence près que Ploom – le nom de ce nouveau produit – comporte tous les éléments pour rester ou devenir accroc…

Un peu comme dans une machine à café Nespresso, c’est une capsule qui est insérée dans la cigarette Ploom. Une capsule à usage unique qui contient tabac et… nicotine. Là où les e-cigarettes classiques n’en contiennent pas (en Belgique du moins) ou dans une quantité moindre afin d’aider à réduire l’accoutumance.

Déjà commercialisée aux États-Unis et dans certains pays d’Europe comme l’Italie, cette cigarette inventée par la Japanese Tobacco International (JTI) débarque en France où la cigarette électronique connaît déjà un succès très important.

Le but de l’industrie du tabac est évidemment de récupérer une part de ce marché. Et pour cela, elle développe avec la Ploom un arsenal marketing qui joue notamment sur un packaging attrayant avec des capsules de tabac colorées qui offrent différents goûts. Et qui ressemblent à des mini-paquets de cigarettes traditionnelles. Avec, cependant, les mentions légales en matière de prévention santé.

Interdites en Belgique

Vendue 34€, la Ploom est moins chère qu’une cigarette électronique classique. Mais les recharges coûtent 6€ la boîte de 20 unités. Dans la mesure où chaque capsule est réputée durer deux fois plus longtemps qu’une cigarette classique, elle pourrait trouver ces adeptes.

Si ce n’est qu’elle est interdite chez nous, au contraire de la France où elle est taxée à la même hauteur que les produits de tabac.

«Toutes les cigarettes électroniques qui contiennent de la nicotine ne sont pas autorisées en Belgique», explique-t-on à l’Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé.

En France, le monde médical met déjà en garde contre ce nouveau produit qui est aussi dangereux que la cigarette, provoque dépendance et cancers.

Un avis que partage Jacques Dumont, tabacologue au FARES (Fonds des Affections Respiratoires): «À partir du moment où le produit contient du tabac, c’est la même fumée qui est inhalée et on sait qu’elle contient des produits toxiques. Et si en plus elle contient de la nicotine, c’est évidemment parce que l’industrie essaie de récupérer les clients qu’elle perd en essayant de les rendre accroc ou faire en sorte qu’ils restent accrocs.»