CYCLISME

Simon Gerrans était le moins fatigué de la centième

Simon Gerrans était le moins fatigué de la centième

Gerrans, au sprint, était sans aucun doute le mieux armé pour se jouer de Valverde, au terme de cette 100e Doyenne.. AFP

Simon Gerrans est le premier Australien à remporter Liège-Bastogne-Liège, au terme d’une Doyenne assez décevante dans son déroulement.

Cette centième de Liège-Bastogne-Liège nous a déçus, et cela n’ôte en rien aux qualités du vainqueur Simon Gerrans. Que se passe-t-il dans le cyclisme actuellement que pour faire ce constat d’une Doyenne qui aurait, très franchement, mérité mieux, bien mieux, que ce scénario final? On ne le sait trop. Nivellement par le bas, ou sinon par le haut? La question est posée. Ni Valverde, ni Gilbert, ni Dan Martin, n’ont été capables de mettre le feu dans la maison, hier.

Au bout du compte, c’est Simon Gerrans qui s’est imposé, dans un sprint digne de Milan-San Remo, c’est tout dire.

L’Australien aurait-il lui-même songé, un seul instant, au départ de Liège, à la victoire? Que nenni, pour parler en bon liégeois.

« C’est incroyable, disait le champion d’Australie. C’était une course très difficile, et tout le monde était très fatigué sur la fin . Moi j’ai pu compter sur les coureurs de mon équipe qui ont su rester à côté de moi le plus longtemps possible. Mais je ne pensais pas avoir de bonnes jambes pour ce final. J’ai tout de même fait ce qu’il fallait pour me présenter avec les meilleurs dans le dernier virage, et tenter ma chance. Lorsque Dan Martin a chuté (NDLR: une première dans l’histoire de la Doyenne, depuis qu’elle arrive à Ans), je n’ai pas vraiment été gêné mais c’était un coup de chance, il est tombé devant moi et ça s’est joué à quelques centimètres près»

« Ensuite, j’étais assez confiant dans l’optique d’un sprint avec Philippe Gilbert et Alejandro Valverde, poursuivait Gerrans. Dans un petit groupe, je sais que j’ai une bonne pointe de vitesse, alors j’ai attaqué. Et quand j’ai regardé derrière moi, à 50 mètres de la ligne, j’ai vu que personne ne pourrait revenir.»

Trois fois troisième de l’Amstel (2014, 2013 et 2011), Gerrans avait toujours rêvé de ce Liège-Bastogne-Liège, même si cette Doyenne, dans sa longue histoire, a rarement délivré de pareils épilogues, où personne ne sera parvenu à prendre l’initiative.

Gerrans avait fait l’impasse sur la Flèche Wallonne, mercredi dernier, car il voulait être frais au départ de Liège. «Je pense que c’était la bonne décision, disait-il. Si j’ai gagné Liège, je continue à croire que l’Amstel Gold Race me convient davantage. Pour gagner Liège, j’ai toujours pensé qu’il me fallait être dans un grand jour et avoir des circonstances favorables. C’était le cas.»

On peut évidemment se montrer d’accord avec l’Australien, au vu de la longue histoire de cette Doyenne.