FRANCE

Viol d'une touriste canadienne au 36, quai des Orfèvres ?

Viol d'une touriste canadienne au 36, quai des Orfèvres ?

Un scandale au cœur de Paris, au siège même de la brigade antigang. Onde de choc au quai des Orfèvres. AFP

Deux policiers d’élite ont été mis en examen pour viol sur une touriste canadienne au siège même, historique, de la police parisienne.

Le gouvernement français a promis une grande fermeté face à cette affaire «extrêmement grave si les faits sont avérés», qui a provoqué une onde de choc au siège légendaire et centenaire de la PJ parisienne: l’emblématique «36» surnommé ainsi pour son adresse. Ce 36 quai des Orfèvres abrite des services d’élite comme la brigade criminelle ou la BRI, la brigade antigang spécialisée dans les interventions difficiles et les interpellations à hauts risques. Et, dans la nuit de samedi à dimanche, deux policiers de cette BRI ont été inculpés, pour viol en réunion sur une touriste canadienne.

Après une soirée arrosée

Cette femme de 34 ans aurait rencontré les hommes de la BRI dans un pub irlandais du quartier Saint-Michel, où beaucoup de policiers ont leurs habitudes, non loin du siège de la police. Après une soirée arrosée, elle aurait accepté de les suivre dans leurs locaux, de l’autre côté de la Seine. C’est en ressortant, visiblement sous le choc, qu’elle a affirmé à l’agent de faction avoir été violée avant de porter plainte.

Des examens médicaux ont été réalisés ainsi que des prélèvements ADN, dont on ignore encore le résultat.

Au total, quatre policiers de la BRI avaient été placés en garde à vue jeudi. Deux d’entre eux ont été remis en liberté samedi, le premier dans la journée sans aucune charge au terme des 48 heures de garde à vue et le second dans la soirée après avoir été placé par un juge d’instruction sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre simple témoin et inculpé.

L’un des deux hommes qui sont mis en examen a reconnu une relation sexuelle avec la plaignante, mais soutient qu’elle était consentante. Il conteste «fermement» tout viol, a déclaré son avocat Sébastien Schapira à l’AFP. Il avait nié tout rapport dans un premier temps, comme ses collègues. Ces derniers n’ont eux pas modifié leur position.

Bas et lunettes disparus

L’information ouverte par le parquet de Paris porte également sur une modification de l’état des lieux d’un crime. Car selon une source proche de l’enquête, les bas et les lunettes de la jeune femme ont disparu au moment des faits qu’elle dénonce. Des perquisitions ont aussi été menées au domicile des policiers par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la «police des polices», qui se sont déplacés sur le lieu du viol présumé.

«Des enquêtes disciplinaires» ont été engagées par l’IGPN, «pour les manquements d’ores et déjà avérés au droit de la fonction publique, à la déontologie et au règlement général d’emploi», a rappelé dimanche le ministre de l’Intérieur. Bernard Cazeneuve a renouvelé «son entière confiance» aux membres de la police parisienne au moment où, «par les manquements de quelques-uns, l’institution dont ils sont légitimement fiers est affectée».