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Leur Demoiselle d’Avignon est de retour

Leur Demoiselle d’Avignon est de retour

Louis Velle et Frédérique Hebrard partagent un même amour de la langue française. Reporters / Bpresse

Louis Velle et Frédérique Hébrard ont écrit la suitedes aventures de Koba et François, 40 ans après. Une histoire qui leur ressemble un peu.

La complicité qui unit les deux héros de la célèbre saga La Demoiselle d’Avignon – Koba, princesse nordique et François Fonsalette, archéologue français devenu ambassadeur par amour – c’est avant tout celle qui lie depuis plus de 65 ans Louis Velle et Frédérique Hébrard.

À eux deux, ils cumulent plus d’un siècle et demi de souvenirs, de rencontres et d’anecdotes. Une conversation ininterrompue et animée. Elle termine ses phrases, il nuance ses explications. Toujours avec courtoisie.

Penchée vers lui, elle confirme: «Il y a beaucoup de nous, pas dans les événements vécus par Koba et François mais dans la façon d’appréhender les choses de la vie». Il enchaîne: « L’humour est une vertu précieuse dans les moments difficiles»

Est-ce que c’est leur histoire d’amour? «Il faut savoir ce qu’est l’amour pour le raconter mais on n’a jamais eu l’impression de raconter notre vie dans nos livres et nos films». Il précise, taquin: «Tu habitais quand même un palais quand on s’est connu ». Le père de Frédéric Hébrard était conservateur au petit Palais. La vie de château, elle connaît: il y aura Versailles, Le Louvre puis Chambord, Chantilly…

Soixante-cinq ans de mariage, trois enfants et autant de scénario et de livres écrits à quatre mains: La demoiselle d’Avignon, feuilleton télévisé avec Marthe Keller et Louis Velle dans les rôles principaux, captiva 25 millions de téléspectateurs français au début des années 70, La protestante et le catholique puis Tant qu’il y aura des chats… dans une famille, deux livres de souvenirs.

De son côté, il écrira trois pièces de théâtre et peaufine actuellement son second roman. Elle signera une trentaine de livres et plusieurs autres feuilletons télévisés (Le mari de l’ambassadeur, Le château des oliviers, Le grand Batre) coécrits avec son fils François Velle.

«On parle beaucoup, on met nos idées en commun puis on rédige séparément, moi dans ma cabane perchée sur la colline, lui dans une pièce tout au bout de la maison, explique Frédérique Hébrard. On n’a pas d’ego imbécile, si on n’est pas convaincu pas une scène écrite par l’autre, on en discute. Souvent, on se rend compte qu’en écoutant les idées de l’autre, on féconde ses propres idées». Il en faut de l’amour pour tenir pareille distance. «On est bien ensemble, on a toujours quelque chose à se dire. C’est quand même un don du ciel de pouvoir traverser la vie avec la même personne».

«La Demoiselle d’Avignon est de retour», Frédérique Hébrard et Louis Velle, Flammarion