POLITIQUE

Et, in fine, la FGTB tira son chapeau au PS

Et, in fine, la FGTB tira son chapeau au PS

«Le PS est parvenu à obtenir 50% de corrections. Je ne suis pas le dernier à cogner, vous le savez. Mais ici chapeau au PS. » EdA

Abracadabra. À un mois des élections, après un relifting in extremis de la loi chômage, la FGTB rentre dans les rangs et vante à nouveau le PS.

Thierry Bodson, vous êtes le secrétaire général de la FGTB wallonne. Le Conseil des ministres a retouché vendredi la réforme des allocations d’insertion. Vous êtes content?

Avec la mesure prise, on devrait permettre de diminuer le nombre d’exclusions du chômage de 20 000 personnes au 1er janvier prochain. En vertu de la correction apportée, la période de travail est bien considérée comme telle (et non plus comme une période de chômage) s’il s’agit d’un emploi à 1/3 temps au minimum pendant une période de six mois et plus. En cette période où le travail manque partout, c’était le bon sens.

Et cela va sauver, dit la FGTB, la moitié des 55 000 personnes qui devaient perdre leur allocation de chômage en 2015, comme vous l’aviez dénoncé il y a quelques mois?

Une petite moitié de personne. Cela ne sauve pas tout le monde mais c’est positif. En sachant que ce «sauvé » sera temporaire, l’exclusion du droit à une allocation d’insertion est reportée. Mais je peux vous dire que le PS a été le seul parti du gouvernement à défendre nos demandes. Le seul. Et je le sais. Nous avions demandé au sp.a et au PS deux corrections au dispositif allocations de chômage. Elles auraient permis de sauver 80% des exclus. Les autres partis du gouvernement fédéral ont bloqué. Mais le PS est parvenu à obtenir 50% de corrections. Je ne suis pas le dernier à cogner, vous le savez. Mais là chapeau au PS.

Vous aviez pourtant été très dur sur la compromission du PS avec la fin des allocations de chômage à vie…

On sait tous comment les décisions ont été prises. Les libéraux sont venus à la table de négociation après des mois de blocage avec la N-VA avec une condition: une réforme de l’assurance chômage. Le PS n’a pas eu le choix. Et ici toutes les personnes qui ont eu des périodes de travail, même partielles, vont pouvoir souffler.

Donc chapeau au PS.

Il y a trois décisions que le gouvernement Di Rupo a prises et que nous avons dénoncées. Un: l’assurance chômage, c’est corrigé ici. Deux: le gel des salaires. Trois: le traité budgétaire qui installe l’austérité. Mais il faut aussi mesurer les autres dossiers sur lesquels la présence socialiste n’a pas été sans intérêt. Le financement de la sécurité socialiste est toujours à l’équilibre. Pour les travailleurs, ce n’est pas mince.

Cela redonne tout son sens au vote socialiste? Comme patron wallon de la FGTB, vous l’encouragez?

Il y a deux enjeux. Le maintien d’une sécurité sociale forte. On ne me fera pas croire qu’on l’aura avec un gouvernement dominé par les libéraux. Ensuite, les compétences transférées vers les entités fédérées. Si demain, au niveau wallon, on doit assimiler la réforme de l’État sans le PS, cela se fera hors d’organismes d’intérêt général. Donc sans concertation sociale. Et le monde du travail aura alors énormément perdu.

Donc, à vous entendre, le PTB n’est pas ou n’est plus un vote utile.

Je ne sais pas quelle est la connaissance ou la compétence du PTB dans ces matières-là.