Le bon parti

Reporters

À un mois des élections, la nécessité d’un choix se fait de plus en plus pressante. À qui accorder ses faveurs le 25 mai? À qui apporter sa voix?

Les réponses à ces questions ne peuvent se trouver que dans l’exploration de nos aspirations profondes et de leur adéquation avec les valeurs défendues par les candidats et partis en lice. Pour que notre devoir citoyen ait du sens, il doit s’inscrire dans cette logique.

Pour nous aider, plusieurs «boussoles électorales» ont été lancées ces derniers jours afin de vous aider à choisir le parti qui vous ressemble. Vous avez essayé? Alors comme moi, vous vous êtes peut-être retrouvés avec des propositions légèrement ou foncièrement différentes. C’est que ces outils ont leur limite. Formulation des questions et choix des thématiques influencent forcément les résultats.  Ajoutons que dans certains cas, les résultats sont forcément biaisés puisque tous les partis ne sont pas représentés dans ces tests. Dès lors, comment être certain qu’un parti absent ne correspondait pas plus à vos affinités?  Ces «boussoles» ont le mérite d’exister.  On peut même essayer de se positionner en faisant la moyenne des réponses apportées, mais c’est loin d’être scientifique, à l’image des «baromètres» politiques qui, à une semaine d’intervalle, vous chamboulent les rapports de force dans une Région en fonction de l’institut de sondage aux commandes. Nous sommes donc gavés de chiffres et de données contradictoires qui, paradoxalement, rendent notre boulot d’électeurs encore plus complexe.

Cette semaine, le magazine «M Belgique» y est allé aussi de son conseil à l’électeur en lui expliquant le vote genre «billard à trois bandes», bref, comment voter non pas pour soutenir un parti, mais bien pour lui nuire.  Alors là, on peut dire que même si, intellectuellement, l’exercice ne manque pas d’intérêt, son application relève aussi du cynisme absolu. Donner sa voix à un parti qui véhicule des idées que vous ne partagez pas vraiment, uniquement pour nuire à un parti dont le programme vous hérisse, est ce vraiment la façon la plus déontologique, la plus saine d’assumer son devoir citoyen?  Faut-il vraiment anticiper les sombres calculs et stratégies politiques qui auront tout le loisir de s’exprimer au lendemain du 25 mai?