« Call of Duty » : le mauvais perdant expédie le SWAT chez son ennemi

« Call of Duty » : le mauvais perdant expédie le SWAT chez son ennemi

Le "swatting" a fait une nouvelle victime le mardi 22 avril 2014, l'adolescent américain Rafael Castillo et sa famille. Internet

Canular téléphonique de mauvais goût, le « swatting » fait des ravages aux USA. Le principe : envoyer les forces de l’ordre frapper à la porte d’un adversaire qui vient de vous battre en ligne aux jeux vidéo.

Comment se venger d’un adversaire qui vient de vous dégommer en ligne sur le champ de bataille virtuel du jeu vidéo guerrier « Call of Duty » ?

En lui expédiant manu militari le SWAT via un appel téléphonique savamment mis en scène au 911, le numéro d’urgence aux Etats-Unis.

En phase de développement exponentiel sur le territoire américain, ce canular de très, très mauvais goût porte un nom, le « swatting », en référence à cette unité d’intervention de haut vol de la police de l’Oncle Sam.

Le dernier exemple en date remonte au mardi 22 avril 2014.

Dans le courant de l’après-midi, un officier du 911 intercepte un appel inquiétant.

« Je viens de tuer ma mère et je pourrais tirer sur d’autres personnes », indique la voix qui s’identifie comme appartenant à Rafael Castillo, un adolescent de 17 ans de Long Beach (New York).

Passé par Skype, l’appel est quasiment impossible à tracer dans l’immédiat.

Malgré l’absence de preuves tangibles, les forces de l’ordre passent directement à l’offensive en sortant l’artillerie lourde.

Un hélicoptère, un véhicule blindé, un escadron du SWAT et des officiers de Naussau County et de Long Beach prennent possession de la maison sur Laurelton Boulevard.

Tranquillement affairée à préparer du café, la maman (54 ans) panique. Et son fils ne semble pas vouloir quitter sa chambre malgré les appels répétés de la police.

Logique : son casque vissé sur les oreilles, le jeune homme est toujours plongé dans sa partie de « Call of Duty ».

Il finit par en sortir pour comprendre… qu’il est la dernière victime du « swatting » et de la vengeance d’un adversaire anonyme en ligne suffisamment doué pour retrouver son adresse véritable via l’adresse IP associée à sa console de jeu.

« C’est une épidémie nationale qui se propage maintenant, où les gens qui perdent aux jeux vidéo rassemblent des informations contre leurs adversaires et essaient de leur envoyer une armée de policiers », s’inquiète Michael Tangney, de la police de Long Beach. « Dans ce monde bizarre du swatting, vous recevez des points pour les hélicoptères, les voitures de police, l’équipe du SWAT et la façon dans les forces de l’ordre pénètrent dans la maison. C’est très sophistiqué et malheureusement très dangereux. »