BRUXELLES

La lettre ouverte de «Pas Question!» au gouvernement pour suspendre les longs courriers

La lettre ouverte de «Pas Question!» au gouvernement pour suspendre les longs courriers

(Illustration)

Le survol des avions au-dessus de Bruxelles s’est invité dans la campagne. Alors que le gouvernement se réunit pour la dernière fois ce vendredi avant de passer en affaires courantes, le collectif Pas Question se fend d’une lettre ouverte à son intention.

«Le survol des avions, c’est du sérieux». La phrase est d’Elio Di Rupo. Et s’il voulait exprimer que la question est abordée comme une question sérieuse, il dit aussi que le débat qui éreinte son Secrétaire d’État à la Mobilité Melchior Wathelet commence sérieusement à préoccuper son gouvernement. Car le scrutin approche.

Wathelet a évidemment été torpillé par les verts: «Le bruit des avions est un déchet et la dispersion n’est pas la meilleure chose à faire en matière de gestion des déchets», tance Durant, alors que Deleuze assure «y penser toutes les deux minutes» et propose un recul de la piste. Les bleus de Reynders et De Wolf ne se sont pas fait prier non plus, même si ce dernier affirme soutenir la proposition Wathelet d’étendre le dispositif de nuit.

Acculée, Joëlle Milquet a donc dû venir à l’aide de son coreligionnaire du gouvernement. La figure de proue du cdH et candidate affichée à la ministre-présidence bruxelloise propose un détournement vers la route «zoulou». Que l’Écolo Huytebroeck a directement taxé de proposition «électoraliste»: «Milquet sait que la route Zoulou sera refusée par les partenaires flamands».

Au milieu des tirs, certains Bruxellois ne dorment plus. Et alors que le gouvernement se réunit ce vendredi pour la dernière fois avant de passer en affaires courantes, le collectif citoyen «Pas Questions!» écrit une lettre ouverte aux partenaires fédéraux (ci-dessous), sur la table desquels le plan Wathelet se retrouve une nouvelle fois. Une missive pour arrêter définitivement les longs courriers au-dessus de leurs têtes.

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«Mettre fin à notre exaspération»

 

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames et Messieurs les Vice-Premiers Ministres,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Madame et Messieurs les Secrétaires d’État,

Ce vendredi, vous vous réunissez pour la dernière fois en Conseil des Ministres avant les élections du 25 mai.

Nous comptons sur vous pour saisir cette occasion pour suspendre immédiatement et sans conditions le plan Wathelet et mettre ainsi fin à l’exaspération des Bruxellois. Il est temps de cesser les calculs électoralistes pour prendre la seule décision qui permettra d’engager sereinement le débat et de trouver des solutions durables et équilibrées aux nuisances de l’aéroport de Bruxelles-National.

Depuis le 6 février et l’utilisation des nouvelles routes aériennes au-dessus de la capitale, des centaines de milliers de Bruxellois ont vu leur qualité de vie sérieusement dégradée.

Cette décision, appliquée sans étude d’impact préalable, sans concertation et dans l’opacité complète, a été prise au mépris de l’intérêt général et des règles élémentaires de sécurité, de sûreté et de santé publique. L’impact négatif de ce nouveau plan sur l’économie de Bruxelles a également été largement sous-évalué.

Dans quel autre pays moderne peut-on voir un gouvernement délibérément choisir de faire survoler sa capitale alors que d’autres options existent?

Les Bruxellois et le peuple belge dans son ensemble méritent mieux. Le plan Wathelet, dans ses effets tout comme dans la manière dont il a été adopté, a entraîné une très forte mobilisation citoyenne, dont le mouvement Pas Question! se fait quotidiennement l’écho.

Beaucoup d’entre vous ont admis ces derniers jours que ce plan était une erreur. Lors de ce Conseil des Ministres, vous avez la possibilité de la corriger et d’agir dans l’intérêt général.

La création d’un organisme de contrôle et l’allongement de la «nuit européenne» ne régleront en aucune manière le problème.

Suspendez le Plan Wathelet et cherchons ensemble des solutions durables, respectueuses des droits des habitants de la Région bruxelloise, de leur santé, de leur sécurité et de leur avenir.