À l’est, rien de nouveau

AFP

La crise ukrainienne s’enkyste et s’installe dans la durée. Avec deux grandes puissances devenues très irritables et aucune solution négociable à court terme.

À l’est, rien de nouveau. Toujours des barrages dans les rues, des bâtiments occupés par des milices pro-russes, des affrontements sporadiques avec les forces ukrainiennes… Dans les régions à majorité ou à forte minorité russe du pays, le feu couve encore. Pire, les événements prennent de plus en plus une tournure inquiétante comme hier, lorsque le gouvernement de Kiev a lancé un assaut blindé contre un bastion d’insurgés, au nord de la petite ville de Slaviansk.

Il n’en fallait pas davantage pour que la Russie de Poutine se réveille, brandisse les menaces et s’empare de l’incident pour relancer la rhétorique guerrière.

Personne, aujourd’hui, ne peut clairement identifier les séparatistes qui prennent les bâtiments officiels ukrainiens et qui fomentent la révolte. Des milices paramilitaires pro-russes, certainement. Mais sans certitude que celles-ci soient encadrées ou soutenues par des unités spéciales russes, comme le prétend le gouvernement ukrainien. Quoi qu’il en soit, le Kremlin n’attend que ce genre d’incident, de provocation pour intervenir directement sur le sol ukrainien, avec une partie des 40 000 hommes massés derrière la frontière, comme il l’a fait en Crimée.

Cet accroissement de la tension sur le terrain, avec tous les risques qui en découlent, s’accompagne aussi d’une stratégie de désinformation et d’une tentative de repositionnement géopolitique sur les rives de l’ancien empire soviétique. Toutes les conditions sont donc réunies pour que la crise ukrainienne ne soit pas en phase de désescalade comme le proposait la rencontre de Genève, la semaine dernière, et pour qu’elle reste même un abcès tension durable entre la Russie et les Occidentaux. Sans qu’aucun des protagonistes n’ait aujourd’hui les moyens d’imposer un statu quo ni le début d’une solution pour apaiser les revendications de la partie adverse. Et surtout pas l’intention de faire la moindre concession!