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Dominique Reymond est Marie Curie

Dominique Reymond est Marie Curie

Dominique Reymond emmène Marie Curiesur le front. RTBF

Le Festival de Luchon ne s’est pas trompé en récompensant l’actrice pour son incarnation de la scientifique durant la guerre 14-18.

Connaissiez-vous le parcours de Marie Curie?

Dominique Reymond: C’était juste un nom. Je connaissais bien entendu l’Institut Pasteur et les grandes lignes mais c’était assez peu. Pour préparer le rôle, j’ai lu la biographie écrite par sa fille mais on ne peut pas se plonger en si peu de temps dans cet univers sans fond de la chimie, du plutonium, du radium, des rayons X.. J’ai fait avec mon intuition.

Qui vous a guidée vers quel type de jeu?

Je l’ai adapté à ce que je pensais pouvoir dégager. C’est quelqu’un d’assez secret, pudique. Je crois qu’elle était plus libérée à la fin de sa vie mais c’était une femme qui a voué sa vie à la science. L’exposition des sentiments ce n’était pas trop son genre. J’ai composé avec mon côté un peu austère.

D’autres points communs avec elle?

Elle a deux filles, comme moi. Son rapport est très intéressant car elle les aime comme une mère aime ses enfants et elle les protège durant un certain temps en les mettant à l’abri mais quand l’une d’elles veut sortir de là pour aider, elle la jette dans la bataille en espérant que sa bonne étoile la protégera. C’est beau et effrayant. Jamais je ne pourrais lancer mes filles dans la bataille

Un rapport particulier a son mari, Pierre, également…

On la prend après la mort de son mari, c’est une femme en deuil qui ne baisse pas les bras et qui est en communication permanente avec lui. Cette conversation qui continue entre deux époux après la mort de l’un des deux, c’est un élément qui m’a beaucoup plu. C’est peu traité et j’ai trouvé ça merveilleusement beau.

C’est la première fois que vous interprétez un personnage qui a existé?

Presque. J’avais joué quelques saynètes déguisée en Simone de Beauvoir dans un téléfilm. Quand j’ai lu le scénario j’ai senti que c’était quelque chose que je pouvais adapter à ma personnalité. Quand on joue une personne de cette dimension incroyable il faut rester modeste. Pour commencer, je n’ai pas essayé de lui ressembler, je n’ai pas essayé de prendre l’accent polonais, je ne me suis pas teinte en blonde. Je suis restée comme je suis et au niveau de l’interprétation j’ai voulu être pudique pour ne pas donner une version extrême qui m’aurait semblé de mauvais goût.

Le téléfilm permet également de découvrir le travail du Dr Regaud…

C’est un personnage passionnant également ce Dr Regaud que l’on connaît peu et qu’Alain Brunard fait exister. J’aime beaucoup l’interprétation de Laurent Bateau. D’ailleurs je trouve que le film devrait presque s’appeler «Marie et Claudius» car on le voit autant qu’elle. L’un ne va quasiment pas sans l’autre, leur amitié est très belle.

Ce vendredi vous serez donc sur la RTBF mais aussi sur les planches, à Namur…

Oui, je joue jusque samedi avec Zabou Breitman, Romain Cottard et André Marcon dans la dernière pièce de Yasmina Reza au Théâtre Royal de Namur. J’interprète une journaliste qui essaie de savoir des choses sur un écrivain qui a du mal à se livrer. Elle fait son travail… mais ça ne sera pas si facile!

La Une, 20.55