Kiev riposte et Obama menace

Barack Obama accuse la Russie de vouloir déstabiliser l’Ukraine et promet de nouvelles sanctions. AFP

La tension est encore montée d’un cran dans l’est du pays. Cinq militants pro-russes auraient été tués par l’armée ukrainienne.

Les autorités ukrainiennes ont lancé jeudi un assaut meurtrier contre les séparatistes à Slaviansk, bastion des insurgés pro-russes dans l’Est. Ces affrontements «ont fait jusqu’à cinq morts» dans les rangs des insurgés et un soldat ukrainien a été blessé, a annoncé le ministère ukrainien de l’Intérieur, en ajoutant que trois barrages séparatistes à l’entrée de la ville avaient également été «détruits»

« Si le régime actuel à Kiev a vraiment commencé à utiliser l’armée contre la population dans le pays, c’est un crime très grave contre son propre peuple », a lancé le président russe Vladimir Poutine. Moscou a ensuite annoncé le lancement de manœuvres de l’armée russe à la frontière avec l’Ukraine.

Le leader des séparatistes de Slaviansk Viatcheslav Ponomarev avait demandé dimanche à Vladimir Poutine d’envoyer des troupes russes pour soutenir les insurgés, renforçant les craintes d’une intervention et à terme d’une prise de contrôle des régions de l’Est russophone, comme la Crimée en mars.

Les autorités ukrainiennes semblent déterminées à poursuivre leur offensive. «Nous n’allons pas reculer devant la menace terroriste», a lancé le président par intérim Olexandre Tourtchinov dans une adresse télévisée à la Nation. « Nous exigeons que la Russie cesse de s’ingérer dans nos affaires intérieures, arrête le chantage et les menaces et retire ses troupes de la frontière est de l’Ukraine», a-t-il dit.

Kiev a également annoncé la «libération» de la mairie de Marioupol, un port de près de 500 000 habitants dans le Sud-Est après des heurts qui ont fait cinq blessés.

Obama annonce de nouvelles sanctions

À Tokyo, Barack Obama a fait porter sur la Russie la responsabilité de l’échec du compromis international signé il y a une semaine à Genève et qui était censé amorcer une désescalade des deux côtés.

« Jusqu’à présent, nous ne les avons pas vus respecter ni l’esprit ni la lettre de l’accord de Genève», a déploré le président des États-Unis lors d’une conférence de presse. «Nous continuons de voir des hommes armés malveillants prendre des bâtiments, harceler les gens qui ne sont pas d’accord avec eux, déstabiliser la région et nous n’avons pas vu la Russie intervenir pour les décourager», a-t-il déclaré.

M. Obama a ajouté que si la Russie continuait d’ignorer l’accord de Genève et n’agissait pas de façon «plus réfléchie», il y aurait «des conséquences et de nouvelles sanctions» américaines à son encontre.

Par ailleurs, le journaliste américain Simon Ostrovsky, détenu depuis lundi soir par des séparatistes de l’Est de l’Ukraine dans leur bastion de Slaviansk, a été libéré jeudi.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a appelé au calme, affirmant qu’il «faut éviter à tout prix les actions militaires». Il rappelle «la nécessité pour toutes les parties de tenir leurs engagements aux termes de l’accord de Genève », censé conduire à une désescalade des tensions dans la crise ukrainienne. Il demande «à tous de s’abstenir immédiatement de toute violence, intimidation ou provocation et de s’efforcer de faire baisser la tension».