CONSTRUCTION

Construction : « Solution simple et radicale » contre le dumping social

Construction : « Solution simple et radicale » contre le dumping social

Le secteur de la construction est un de ceux qui souffrent le plus du dumping social. Nick Hannes

Dans notre série «Témoin du jour» sur les élections du 25 mai, notre sujet sur le secteur de la construction a fait réagir Jean-Louis Humblet.

L’administrateur de la Confédération de la Construction Wallonne (CCW) et ancien président de la CCW de Namur a particulièrement été interpellé par la problématique du dumping social. À la tête d’une entreprise de peinture en bâtiment qui occupe une cinquantaine d’ouvriers, il y est également confronté. Or, les réponses proposées par les politiques ne le satisfont pas. Ce sont «des mesurettes inefficaces», dit-il. Lui, il propose «une mesure simple et radicale».

Le problème du dumping social, réside dans le contournement de la directive européenne sur le détachement des travailleurs étrangers. Celle-ci prévoit que l’ouvrier étranger soit payé en vertu de la législation sociale du pays où il est employé. Mais des entreprises belges n’hésitent pas à recruter des «indépendants» polonais, roumains, espagnols ou autres qui facturent leur travail au rabais.

Pour contrer cela, dit Jean-Louis Humblet, il faut supprimer intégralement ces charges sociales pour payer uniquement un salaire net aux ouvriers de la construction. En revanche, l’entreprise serait redevable d’une taxe sur le chantier, la construction, la rénovation,… réalisé. Pour chaque chantier, cette taxe serait établie sur base des factures ou d’une estimation des travaux établie par les services de l’inspection des lois sociales par exemple. Un système qui équivaudrait en quelque sorte en un transfert des charges sociales qui pèsent sur le travail vers le résultat de ce travail. Il aurait ainsi l’avantage d’équilibrer la concurrence entre salaires belge et étranger, sans pénaliser la sécurité sociale et le système des pensions, juge-t-il.

Déjà formulée il y a un an déjà au sein même du secteur de la construction, l’idée n’a pas reçu d’objection… mais n’a pas non plus été soutenue. Et le patron namurois pense que les réticences viennent du secteur lui-même. Et particulièrement des toutes grosses entreprises de la construction. «Ils n’en veulent pas car ils sont les premiers à profiter de cette main-d’œuvre étrangère à bon marché qui les arrange bien, dit-il. Avec mon système, ils ne pourraient plus faire des immeubles à bon marché sur le dos des Polonais!»