Le papillon s’est coupé les ailes

Reporters

Parlement «Je vous remercie et si vous me permettez cette expression: bonne campagne ». C’est par ces mots qu’Elio Di Rupo a achevé la 53e législature, celle de son gouvernement papillon.

Après de longues discussions sur l’aventure institutionnelle évitée ou évincée (suivant les points de vue), les parlementaires se sont coupé les ailes. Ils ont voté la liste des articles de la Constitution appelés à être révisés. Ils ont de ce fait, par un mécanisme réglé comme du papier à musique dans notre système fédéral, entraîné la chute du gouvernement et la dissolution anticipée du Parlement. Les parlementaires ont quitté les lieux sans un applaudissement. Au moins 63 des 150 élus fédéraux ne reviendront plus après le 25 mai, soit parce qu’ils entament d’autres activités; soit parce qu’ils se présentent dans une autre assemblée. Le président du Parlement André Flahaut leur a rendu hommage. Pendant ce temps, le Sénat procédait à une ultime séance aussi, «historique » celle-là. Le Sénat est mort à jamais, vive le Sénat des entités fédérées. Son acte ultime aura donc été d’approuver la fameuse liste des articles à réviser, non sans de dernières discussions autour des projets estimés cachés de la N-VA de vouloir construire une «république flamande ». Les sénateurs se sont ensuite pris en photo, à la mode des «selfies ». Plusieurs ont emporté la petite plaquette dorée à leur nom.