Sa cinquième avec l’arc-en-ciel

Pour Merckx, c’est cette 5e victoire qui est la plus belle. Guy Crasset

En 1972, c’est à Verviers que l’arrivée de cette Doyenne est organisée. Et donc, le parcours est inédit et il n’est sans doute pas fait pour déplaire à Eddy Merckx.

Les grosses difficultés sont en effet cette fois bien plus proches de l’arrivée. Merckx ne change pourtant pas sa manière de manœuvrer: il sonne la charge dans le mur de Stockeu, cette fois situé à cinquante bornes de l’arrivée. Déjà, la course est finie et, derrière le Cannibale, les écarts se creusent. Il n’y a que le Hollandais Wim Schepers pour limiter les dégâts. Il termine à deux minutes quarante d’Eddy, mais Van Springel est à plus de quatre minutes.

Un an plus tard, en 1973, il faudra la photo-finish pour entériner le triplé d’Eddy et sa 4e victoire, dans cette Doyenne qui retrouve la piste en béton de Rocourt pour son épilogue. Dans le Stockeu, il n’y eut qu’Ocana et Verbeeck pour le suivre, alors qu’ils allaient lâcher prise dans la Haute-Levée. Merckx était-il parti pour un cavalier seul? Dans le Rosier, il fut pourtant rejoint par Zoetemelk, Ocana et Poulidor. Ils étaient encore treize au moment de rentrer sur la piste de Rocourt. Eddy allait rester en première position pendant les deux tours, soit six cents mètres et résister au retour de Frans Verbeeck.

Un véritable succès, cela sera aussi celui d’Eddy Merckx l’année suivante, lorsqu’il signera là sa cinquième victoire sur la Doyenne, le 20 avril 1975. Eddy s’était retrouvé en tête au sein d’un groupe dont il savait que plusieurs de ses éléments étaient plus rapides que lui au sprint, d’autant plus qu’il ne reçut de l’aide de personne. Lorsque le peloton s’était, encore une fois, disloqué dans la montée de Wanne, Merckx avait encore du pain sur la planche, même si, devant, il y avait son équipier Berckmans, qu’accompagnaient Wright, Van den Hoeck et Vanneste.

Derrière, Merckx, alors vêtu de son maillot arc-en-ciel, se coltinait dans son sillage des redoutables coureurs comme Verbeeck, Roger de Vlaeminck, Knetemann, Dierickx, Pollentier, Panizza et Jean-Pierre Danguillaume, que rejoignirent Thurau, Ocana, Karstens, Huysmans, Delisle ou Hoban. Merckx ne se priva pas de tenter de décramponner tout ce petit monde entre Embourg et Liège. Mais rien n’y fit, jusqu’à cette attaque franche de Thévenet. Pour Merckx, il n’y avait pas d’autre solution que d’aller chercher le Français. Ce qu’il réussit à accomplir, en compagnie de Panizza. La course se joua entre Merckx et Thévenet, Panizza lâchant prise avant le sprint, remporté par Merckx.