Le Sénat a approuvé la liste des articles à réviser... et tenu sa dernière séance

Le Sénat a approuvé la liste des articles à réviser... et tenu sa dernière séance

Belga

Le Sénat a approuvé jeudi, après la Chambre, sa déclaration de révision de la Constitution au cours de la dernière séance avant la grande mue qui l'attend. Le débat a rapidement tourné autour du programme des nationalistes flamands que les autres sénateurs ont exhorté à la clarté sur leurs intentions d'après 25 mai.

"J'essaie de comprendre la ligne claire de la N-VA et je n'y parviens pas. Pourquoi ce flou?", a lancé Marcel Cheron (Ecolo).

Comme d'autres, le sénateur souhaite comprendre ce que le parti nationaliste fera après les élections. Selon lui, la N-VA se cache derrière un masque; il y a son discours social et économique, martelé par certains, et ses ambitions institutionnelles, exprimées plus discrètement par d'autres.

"Ce que je ne comprends pas, c'est que vous n'assumez pas une N-VA qui veut une république flamande", a-t-il ajouté.

Le président du CD&V, Wouter Beke, a embrayé dans le même sens en invoquant les déclarations du ministre Geert Bourgeois qui veut transférer l'ensemble des compétences fédérales à la Flandre après les élections.

"Chez vous, un train en cache toujours un autre", a-t-il fait remarquer: la revendication d'une monarchie protocolaire cache celle d'une république, le gouvernement socio-économique, celle du confédéralisme et le confédéralisme, celle du séparatisme.

Et la mise en oeuvre de toutes ces revendications entraînera une nouvelle paralysie, a-t-il prédit. L'avènement rapide d'un gouvernement socio-économique, réclamé par les nationalistes, se muera en une crise aussi longue que la précédente.

Piqué au vif, le chef de groupe N-VA, Huub Broers, a rappelé les positions de son parti: mettre en place sans délai d'un gouvernement au programme socio-économique et travailler ensuite, pendant les 5 ans qui viennent, à un modèle confédéral.

L'absence de l'article 195, qui règle la façon de réviser la Constitution, de la liste des articles ouverts à révision a suscité nombre de commentaires. Francis Delperée (cdH) n'a pas hésité à parler de "victoire". "C'est le plus beau jour de ma vie, en tout cas de ma vie politique", a-t-il déclaré au cours d'une intervention volontiers lyrique. "Dans notre pays, il y a des incendiaires. Je ne juge ni leurs discours, ni leurs comportements. Mais je les dénonce et je dis: on ne donne pas une boîte d'allumettes à des incendiaires".