THEÂTRE

« "Le mariage de Mlle Beulemans" a été adaptée en 17 langues »

« "Le mariage de Mlle Beulemans" a été adaptée en 17 langues »

Thierry du Bois © Reporters

Directeur du théâtre des Galeries, David Michels connaît la pièce sur le bout des doigts, puisqu’il l’a mise en scène déjà à deux reprises.

Il a donc accepté d’assurer le rôle de metteur en scène pour les animateurs de la RTBF, alors que la troupe professionnelle du théâtre des Galeries joue également la pièce depuis un peu plus d’une semaine, pour fêter les 60 ans du théâtre complètement rénové.

David Michiels, c’est particulier de travailler avec des animateurs?

C’est la première fois que je travaille avec des gens dont ce n’est pas le métier. Et je voudrais souligner leur enthousiasme! À la première lecture voici environ un mois, je leur ai dit que c’était un défi énorme et je leur ai demandé de venir à la première répétition avec le texte connu, ce qui est très difficile. Et honnêtement, ils ont tous fait un gros travail. Pour ma part, je dois redonner quelques bases du métier – comment se tenir en scène, comment parler, porter la voix… – même s’il y a eu un casting. Mais cela m’amuse.

Leur métier leur donne peut-être un petit avantage quand même?

Oui, ils savent parler en public. Mais cela me change tout de même des pros, avec qui on peut aller tout de suite dans le détail. Ici, pour certains, si on arrive à ce qu’ils disent leur texte au bon moment, je serai déjà très content.

Le rôle de Mlle Beulemans est sans doute le plus difficile?

C’est un rôle kilométrique! Et puis elle a une palette à jouer qui est très large: elle doit être charmante, elle doit être convaincante, autoritaire, soumise… La pièce est une vraie comédie de mœurs, ce n’est pas un vaudeville. Il y a plein de scènes émouvantes où les gens sont touchés. Et puis il y a les gros rires… Mais c’est avant tout une comédie très sincère. Il faut l’aborder comme du Marivaux. C’est le même triangle amoureux.

Que faut-il éviter?

Tomber dans la caricature. Ces personnages doivent être vrais.

Vous la rejouez souvent, cette pièce?

Tous les dix ans. Cela doit rester un événement. Il y a une vraie attente du public, dont une partie connaît les répliques par cœur et les disent avant les comédiens. C’est très surprenant.

Qu’est-ce qui explique le succès de cette pièce?

Elle est très bien écrite. Fonson et Wicheler ont eu un trait de génie en l’écrivant. C’est une pièce pleine de bons sentiments. Il n’y a pas de méchants. Et puis, c’est une histoire d’amour… C’est la pièce belge la plus jouée au monde! Encore maintenant. Elle a été adaptée en 17 langues. Il y a un Beulemans asiatique qui vend du riz. Ou un Écossais qui vend du scotch. En 1960, pour les 50 ans de la pièce, Marcel Pagnol a écrit au directeur du théâtre des Galeries pour dire que s’il n’y avait pas eu Suzanneke, il n’y aurait pas eu de trilogie marseillaise.

+ La pièce se joue jusqu’au 18 mai. Réservations: 02 512 04 07 ou passer à la location: 32, Galerie du Roi à 1000 Bruxelles.